Société de conseil spécialisée dans l’accessibilité du Web et la sensibilisation au handicap, Atalan propose des interventions ludiques en entreprises. Le principe ? Apprendre en s’amusant. Entretien avec Christophe Pineau, responsable des actions de sensibilisation et communication handicap.
Pour commencer, pouvez-nous nous présenter Atalan ?
Atalan traite depuis 2002 des sujets de l’accessibilité numérique et de la prise en compte du handicap dans le milieu professionnel. Nous intervenons à la demande des missions handicap d’entreprises ou de la fonction publique afin de sensibiliser l’ensemble des collaborateurs avec des ateliers interactifs et ludiques. Nous organisons également des journées entières de sensibilisation ou des actions plus durables sur l’année, aussi bien pour des grands groupes comme EDF ou Spie que pour des conseils généraux ou des associations.
Comment définiriez-vous votre approche pédagogique ?
Le principe de ces ateliers est de permettre à chacun de réfléchir sur ses représentations à propos du handicap et des personnes handicapées. Notre approche est ludique, avec des mises en situation et des expérimentations. L’idée est d’apprendre en s’amusant, sur un sujet qui peut faire peur ou rebuter, souvent par simple méconnaissance. Nous rassurons, dédramatisons et arrivons ainsi à faire passer plus facilement un message « sérieux ».
Quel est votre but lors de vos ateliers ? À qui s’adressent-ils ?
Le but de ces ateliers est de faire prendre conscience à tous qu’il est possible de travailler avec des personnes handicapées, que ces personnes sont autonomes aussi bien dans leur vie quotidienne que professionnelle, avec si besoin la mise en place de moyens de compensation. Ces ateliers s’adressent à l’ensemble des collaborateurs, quels que soient leurs métiers ou leurs positions hiérarchiques dans la structure.
Quels sont vos différents ateliers ?
Nous proposons en effet plusieurs ateliers, qui permettent d’aborder le sujet du handicap sous différents angles. Avec l’atelier « accessibilité numérique », les personnes peuvent découvrir des exemples de matériels adaptés, et assister à la démonstration d’une synthèse vocale. À partir de cette expérience concrète, on comprend tout de suite la difficulté pour une personne non-voyante de naviguer sur un site internet qui n’est pas accessible. L’atelier « parcours sensoriel » permet de tester chacun de ses sens (odorat, goût, ouïe et toucher) avec un bandeau sur les yeux. Cela permet vraiment de mieux appréhender la vie quotidienne d’une personne non-voyante et d’aborder le sujet des handicaps sensoriels.
Pendant l’atelier « communication non verbale », nous montrons qu’il est possible d’échanger uniquement par le geste et donc de travailler avec des personnes sourdes ou malentendantes. Cela dédramatise des situations parfois ressenties
comme compliquées. Et durant l’atelier « Autonomie au quotidien », nous montrons aux personnes présentes différents objets qui servent quotidiennement aux personnes handicapées, en leur faisant deviner quel est leur usage. C’est une approche très ludique sur les possibilités de compensation d’un handicap et donc sur l’autonomie.
Comment se déroulent vos interventions ?
Nous intervenons souvent à l’heure du déjeuner, par exemple entre 11h30 et 14h30, car c’est le moment où les collaborateurs sont le plus disponibles. Nous proposons d’être présents sur un lieu de passage, idéalement près du lieu de restauration quand il existe. Nous pouvons ainsi être visibles, et aller à la rencontre des personnes. Nous nous adaptons au temps de disponibilité de chacun. Même deux minutes peuvent servir à faire passer un message important.
Quel type de mise en situation proposez-vous ? Pouvez-vous nous donner un exemple concret de mise en situation et de compensations possibles ?
Avec l’atelier « communication non verbale », nous proposons aux personnes de mettre un casque anti-bruit sur leurs oreilles et d’essayer de deviner ce que dis la personne en face, uniquement en lisant sur les lèvres. C’est toujours intéressant de se rendre compte qu’on peut malgré tout comprendre l’autre sans l’entendre. Beaucoup de personnes ne soupçonnent pas qu’elles lisent inconsciemment sur les lèvres.
Constatez-vous une évolution des mentalités ?
Les deux lois françaises de 1987 et 2005 ont permis d’améliorer l’intégration professionnelle des personnes handicapées. Il reste à poursuivre ce lent travail de sensibilisation sur le sujet du handicap. Aujourd’hui encore, nous nous apercevons lors des ateliers qu’il y a une réelle méconnaissance du sujet de la part de nombreux collaborateurs. Nous avons tous une représentation du handicap et des personnes handicapées. Cette vision partielle empêche parfois une bonne intégration des personnes handicapées au sein des services de l’entreprise. C’est pourquoi, de nombreuses structures ont compris qu’il était nécessaire de mener ce type d’actions de sensibilisation, pour accompagner les actions de recrutement et de maintien dans l’emploi. Et surtout que ces actions de sensibilisation devaient se faire en douceur, sans heurter et sur la durée.
Pratique
www.atalan.fr










