Depuis 1996, ACTIF-DPS propose une formation diplômante de deux ans en alternance, baptisée Fidji (Formation et Insertion Des Jeunes par l’Informatique). Ce programme est réservé à des jeunes en échec scolaire ou en situation d’exclusion sociale et à des jeunes handicapés. Objectif : réinsérer ces personnes dans le monde du travail et les rendre opérationnels dans des activités d’assistance à l’utilisation des systèmes, de logiciels et de l’environnement micro-informatique. Bruno Delattre, référent de Fidji chez ACTIF-DPS, nous en dit plus sur cette formation.
Pourquoi avoir lancé ce programme ?
De nombreuses entreprises et organismes, tant du secteur public que du secteur privé, ont un besoin croissant d’assister leurs collaborateurs, de plus en plus équipés de micro-ordinateurs, et leur permettre de mieux maîtriser les outils bureautiques mis à leur disposition. Livrés à eux-mêmes, les utilisateurs ont besoin d’un support proche. Face à cela, les responsables créent sur leurs sites des services appelés quelquefois « hot-line » (assistance aux utilisateurs). En parallèle, nous avions remarqué qu’il y avait beaucoup de jeunes en échec scolaire avec de grandes capacités en informatique. Dans la logique de lutte contre l’exclusion dans le monde du travail d’ACTIF-DPS, nous avons donc créé Fidji.
Comment s’articule-t-il ?
Fidji repose sur un partenariat avec l’I.U.T de Paris, Université René Descartes. Celui-ci délivre à la fin des deux années de formation un diplôme universitaire de niveau Bac+1 de technicien micro-informatique intitulé « Assistant Bureautique et Réseaux ». Nous travaillons également avec des entreprises partenaires qui financent la formation telles que IBM, AREVA, L’Oréal, EDF ou encore la Macif. Ce sont dans ces sociétés que les étudiants sont accueillis en stages.
Quelles sont les conditions d’admission et de recrutement ?
Les candidats doivent avoir moins de 26 ans et un niveau d’études équivalent à celui de la classe de terminale. Ils doivent être motivés pour effectuer un métier d’assistance technique et faire preuve de stabilité et de volonté de s’en sortir. Pour travailler dans l’informatique, je pense qu’il faut avoir des capacités d’observation, de logique, un esprit technique et une bonne organisation.
Qu’en est-il des candidats en situation de handicap ?
Nous acceptons des personnes handicapées de plus de 26 ans dans la mesure où elles peuvent s’intégrer dans une promotion où la moyenne d’âge est d’environ de 23 ans. Il nous est arrivé, par exemple, d’accueillir dans le programme une personne en situation de handicap moteur, âgée de 33 ans. Nous avons beaucoup de candidats avec un handicap mental. Or, il est difficile de les intégrer dans le programme car il y a beaucoup de stress au cours des deux années de formation. Des jeunes fragiles mentalement ont du mal à supporter un système où ils sont évalués, notés et où ils doivent passer des examens. Les personnes en situation de handicap que nous accueillons peuvent avoir des problèmes de vue, de mobilité ou encore une maladie chronique telle que la maladie de chrome.
Comment se déroule la sélection ?
Des examens, des entretiens de motivation et des tests psychologiques ont lieu. Sur une centaine de candidats, nous en présélectionnons environ 40 pour les présenter aux entreprises et à l’Université. Au final, la promotion est composée d’une vingtaine de jeunes. Ces derniers sont dispersés dans environ quatre à cinq entreprises partenaires.
Quelles sont les perspectives d’évolution une fois le diplôme en poche ?
L’informatique offre beaucoup d’opportunités pour les personnes en situation de handicap. En effet, une grande partie du travail peut se faire à distance, ce qui est pratique pour un employé à mobilité réduite. Une fois que la personne a intégré l’entreprise, elle peut, par la suite, passer des formations. Ainsi, certains de nos étudiants ont fini par devenir développeur.









