Le recensement de 2001 (un nouveau recensement aura lieu en 2010), décompte quelques 600 000 personnes handicapées en Hongrie, sur une population de dix millions d’habitants. 43,6 % sont handicapées moteur, 10% sont porteuses de handicap mental, 14,4% sont aveugles ou malvoyantes et 6,7% souffrent de troubles de l’audition. Les Nations Unies estiment généralement à 10% le pourcentage de personnes handicapées dans les tous pays, mais en Hongrie, les personnes atteintes de troubles psychiatriques, ainsi que beaucoup d’autres (problèmes cardiaques par exemple) ne sont pas considérées comme handicapées.
Un encadrement légal
La politique du handicap est encadrée par l’article 26 de la loi de 1998 sur les Droits des personnes handicapées et l’Egalité des chances, amendée pour la dernière fois en 2008 et de nombreuses autres lois et règlements. La loi fait référence aux principes des Droits des personnes handicapées, comme le droit à vivre décemment, le droit à la mobilité et à la liberté d’action, l’égalité dans l’accès aux services publics, le droit à l’éducation, etc. D’autres lois plus générales font référence à l’accessibilité de l’environnement, au droit à des logements adaptés, à l’insertion professionnelle et à l’insertion dans la société.
Entre arrogance et commisération
Aux dires des membres du Conseil National des fédérations de personnes handicapées (FESZT), les personnes valides manquent souvent d’informations sur le handicap et la manière de l’aborder et de se comporter avec les personnes handicapées. Elles les considèrent souvent comme des personnes malades ou des gens qui sont incapables de parler correctement ou de comprendre les choses les plus élémentaires. D’autres ont une attitude trop pleine de commisération, parfois à la limite de l’arrogance. Les personnes aveugles ou sourdes, les personnes atteintes de handicap physique ou d’autisme sont souvent confondues avec des personnes handicapées mentales. Du fait de cette incompréhension, les personnes handicapées sont souvent maltraitées par les valides et leur niveau d’intégration est encore insuffisant, malgré des avancées notables.
Circuler de manière autonome
La première loi sur la construction amendée en 1986 imposait que les bâtiments publics devraient être accessibles aux personnes handicapées, mais ce n’est pas le cas car les bâtisseurs n’en tiennent pas compte. La loi de 1997 relative à la construction impose que tous les bâtiments publics, les rues et les places soient accessibles ou rendues accessibles afin que les personnes handicapées puissent circuler de manière autonome et en parfaite sécurité. Plus de 30% des bâtiments publics sont officiellement accessibles mais en pratique, aucune solution technique n’est vraiment appropriée même si la date butoir de mise en accessibilité complète a été fixée au 31 décembre 2010. En 2008, des standards ont été définis afin de normaliser la hauteur des trottoirs pour les rendre plus praticables par les personnes aveugles. D’autres initiatives ont émergées aussi dans les années 80 à 90 comme, par exemple, les feux sonores mais la majorité des améliorations est postérieure à l’année 2000. Les ressources financières pour la mise en accessibilité proviennent toutes de l’Etat et ont toujours été très limitées.
Des transports en commun aléatoires
Des enseignants sensibilisés
La Loi sur l’Enseignement de 1997 et d’autres réglementations posent le principe de l’intégration des élèves et des étudiants handicapés dans le milieu ordinaire, la présence d’assistants scolaires et le versement d’aides spéciales par l’Etat. L’accès aux écoles maternelles et élémentaires constitue une priorité et, exception faite d’enfants lourdement handicapés, les jeunes handicapés sont intégrés en milieu ordinaire ou étudient à la maison car ce type d’enseignement est prévu pour des cas particuliers. La plupart des enseignants sont sensibilisés au handicap mais ils ne le sont pas toujours pour certains cas particuliers et les enfants les plus lourdement handicapés, qui nécessitent une attention plus particulière, ne sont pas traités comme ils devraient l’être, surtout par manque de temps. Les enfants bénéficient d’aide en classe et pour tout ce qui touche aux sujets scolaires, accompagnement aux toilettes ou lors des repas.
Une absence de financement par l’Etat
Le taux d’emploi est bas – 9% en milieu ordinaire – et les chances sont très faibles qu’une personne handicapée trouve du travail. Frein majeur à ce non-emploi, l’absence de financement de la part de l’Etat. Certaines grandes entreprises pratiquent une politique volontariste, en particulier des sociétés de téléphonie mobile qui forment et emploient un certain nombre de personnes handicapées après examen d’entrée. Ces personnes travaillent dans des centres d’appel où ils sont appréciés pour leur loyauté et leur attitude positive. Quant à l’emploi protégé, il existe en Hongrie depuis les années 80. Entre 1980 et 1990, des organisations non gouvernementales de personnes handicapées ont ouvert des ateliers et même de grandes entreprises – qui existent encore – et en 2005-2006, 40% des personnes dont la capacité au travail était différente travaillaient au sein de ces entreprises bénéficiant de subventions de l’Etat. Cependant, le gouvernement a radicalement réduit ses aides durant ces dernières années et la moitié seulement d’entre elles sont encore employées dans cette filière, tandis que le taux d’emploi sur le marché du travail n’augmentait que de 5 à 9%.
La loi sur les Transports impose l’usage de bus à plancher bas, équipés de rampes d’accès sur toutes les lignes de transport urbain. Des bus de même type circulent dans les campagnes, mais pas sur toutes les lignes. Ces bus sont indiqués sur les horaires que le voyageur peut consulter aux arrêts et il en passe un toutes les heures ou toutes les heures et demi. Certains tramways sont également accessibles et les entrées accessibles sont l’objet d’une signalétique particulière. Dans le domaine des transports publics, aucune date limite n’a été fixée pour l’accessibilité complète. On ne trouve de métros que dans la capitale, Budapest où l’on compte trois lignes. Deux d’entre elles n’ont que quelques arrêts accessibles, équipés d’ascenseur ou d’escalators. En pratique, les métros ne sont pas accessibles.










