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Les résultats de l’enquête nationale sur l’inclusion scolaire des TND

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Plus de 3 000 témoignages révèlent les obstacles à l’inclusion scolaire des élèves avec TND

Les fédérations France TND et Dyspraxique Mais Fantastique viennent de publier les résultats d’une enquête nationale menée auprès de plus de 3 000 élèves, familles et professionnels de l’Éducation nationale. Ces données dressent un portrait sans concession de la scolarisation des jeunes présentant un trouble du neurodéveloppement (TND). Malgré les avancées législatives de ces vingt dernières années, le parcours scolaire reste semé d’embûches pour ces élèves et leurs proches.

Un quotidien scolaire marqué par le stress et le mal-être

Les chiffres issus de cette consultation sont sans appel. Un élève sur deux déclare ne pas être heureux d’aller à l’école. Près de quatre sur cinq ressentent régulièrement du stress, tandis que 63% indiquent avoir déjà subi des moqueries ou des insultes en raison de leurs difficultés.

Les jeunes interrogés pointent plusieurs facteurs qui pèsent sur leur vécu quotidien :

  • Une fatigue importante due aux efforts supplémentaires nécessaires pour suivre les cours
  • Des difficultés liées au bruit et à l’agitation dans les classes
  • Des aménagements pédagogiques insuffisants ou non appliqués
  • Une stigmatisation persistante de la part de leurs camarades

L’enquête révèle également une réalité complexe : près de deux tiers des élèves concernés cumulent plusieurs troubles du neurodéveloppement. Cette polyhandicap nécessite des réponses individualisées que le système éducatif peine encore à déployer.





Des familles épuisées par un parcours du combattant administratif

Du côté des parents, le constat est tout aussi préoccupant. Nombreuses sont les familles qui décrivent un parcours administratif long et éprouvant, où elles doivent constamment se battre pour faire appliquer des droits pourtant reconnus par la loi.

Les délais d’obtention des aides restent incompatibles avec les besoins immédiats des enfants. Certaines familles témoignent de situations de scolarisation partielle, voire de rupture totale de parcours, faute de moyens humains ou de solutions adaptées disponibles localement.

Ce décalage entre les droits théoriques et leur application concrète constitue l’un des principaux points de tension soulevés par l’enquête.

Des professionnels démunis face au manque de formation

Les enseignants et accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ne sont pas épargnés par ces difficultés structurelles. Plus de quatre professionnels sur dix déclarent n’avoir reçu aucune formation spécifique sur les troubles du neurodéveloppement.

Beaucoup évoquent un manque flagrant de temps, d’outils pratiques et de ressources pour accompagner correctement ces élèves. Cette carence en moyens humains et matériels empêche la mise en œuvre effective d’une véritable pédagogie adaptée.

L’un des enseignements majeurs de cette consultation réside dans la convergence des témoignages. Élèves, parents, enseignants et AESH ne se renvoient pas la responsabilité. Tous pointent les mêmes obstacles systémiques : insuffisance de moyens, accompagnements fragmentés, aménagements difficiles à appliquer concrètement.





Huit priorités pour une école réellement inclusive

Face à ces constats, les deux fédérations publient un plaidoyer articulé autour de huit priorités d’action :

  • Former l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale aux troubles du neurodéveloppement
  • Garantir l’application effective des aménagements scolaires prévus pour chaque élève
  • Renforcer le nombre, la formation et la reconnaissance des AESH
  • Simplifier les démarches administratives qui pèsent sur les familles
  • Renforcer la lutte contre le harcèlement dont sont victimes les élèves en situation de handicap
  • Adapter les environnements scolaires aux besoins sensoriels spécifiques de ces élèves
  • Garantir le droit à la scolarisation sans rupture de parcours
  • Mieux associer les élèves et les familles aux décisions qui les concernent directement

Un appel à dépasser la bonne volonté individuelle

Vingt ans après la loi de 2005 sur l’égalité des droits et des chances, les fédérations rappellent une évidence : l’inclusion scolaire ne peut reposer uniquement sur la bonne volonté des familles et des professionnels de terrain.

Elle exige des moyens humains, matériels et financiers à la hauteur des enjeux. L’accès à l’éducation demeure un droit fondamental qui doit être garanti à chaque enfant, quelles que soient ses particularités de développement.

Le rapport complet de l’enquête et le webinaire de présentation des résultats sont accessibles en ligne. Ces documents détaillent l’analyse des réponses recueillies ainsi que les propositions concrètes portées par les fédérations pour améliorer la scolarisation des élèves présentant un TND.





Les fédérations France TND et Dyspraxique Mais Fantastique se tiennent à disposition des médias et des pouvoirs publics pour approfondir ces constats et dialoguer sur les solutions à mettre en œuvre.

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