Le déficit à l’origine de la dyslexie peut s’exprimer avec une intensité plus ou moins forte d’un individu à l’autre, d’un système orthographique à l’autre, mais également d’un âge à l’autre. L’objectif de ce numéro spécial de la revue ANAE (Approche Neuropsychologique des Apprentissages chez l’Enfant) est de dresser un tableau des manifestations de la dyslexie à différents moments de la vie.
Des travaux récents indiquent que les enfants à risque familial de dyslexie présentent, dès la petite enfance, voire dès la naissance, des particularités de traitement de la parole et du langage oral qui les différencient des enfants sans risque familial. Leur acquisition du langage oral dans ses diverses dimensions (phonologie, lexique, grammaire) accuserait un retard sensible. Ce retard pourrait progressivement s’estomper avant l’âge de six ans, mais il n’est pas exclu que l’enfant conserve une fragilité dans la maîtrise de certains outils linguistiques fondamentaux pour aborder l’apprentissage du langage écrit. Au cours de la scolarité primaire et secondaire, les effets directs du trouble dyslexique dans le domaine du langage écrit sont susceptibles de se doubler d’effets indirects affectant la sphère cognitive (les apprentissages en général), mais également la sphère socio-affective (estime de soi, relations avec les pairs, etc.). Comment comprendre ces phénomènes ? Les prévenir ? Les évaluer ? Les rééduquer ? C’est à ces diverses questions que les auteurs impliqués dans ce N° 103 d’ANAE s’efforceront d’apporter des éléments de réponse.
« Les troubles dyslexiques durant la vie » numéro coordonné par Pascal Zesiger (Genève) et Pascale Colé (Université Aix-Marseille) Renseignements : anae@wanadoo.fr ou www.anae-revue.com










