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Alzheimer et MDPH : quelles aides pour l’aidant ?

La maladie d’Alzheimer et la MDPH : un soutien indispensable pour les patients et leurs aidants

La maladie d’Alzheimer ne se résume pas à des troubles de la mémoire ; elle engendre une perte progressive d’autonomie qui bouleverse l’équilibre familial. Si le patient est au cœur de la prise en charge, l’aidant familial joue un rôle pivot souvent épuisant. Faire appel à la Maison Départementale des Personnes handicapées est une étape clé pour structurer le quotidien et obtenir des dispositifs de compensation adaptés à cette pathologie neurodégénérative.

Il est crucial de comprendre que les aides MDPH ne sont pas réservées aux seuls handicaps moteurs ou sensoriels. La maladie d’Alzheimer, par ses retentissements cognitifs et comportementaux, ouvre des droits spécifiques visant à maintenir la qualité de vie du malade tout en soulageant ceux qui l’accompagnent au quotidien.

Comment la MDPH évalue-t-elle le handicap lié à Alzheimer ?

L’évaluation effectuée par l’équipe pluridisciplinaire se concentre sur le retentissement de la maladie sur les actes essentiels de la vie : s’habiller, préparer ses repas, gérer ses médicaments ou sécuriser son environnement. Contrairement à une pathologie stable, Alzheimer est évolutive, ce qui nécessite un suivi régulier du dossier auprès de la MDPH pour ajuster les aides.

Le taux d’incapacité attribué par la CDAPH dépendra de l’évaluation de cette perte d’autonomie :

  • Taux inférieur à 50 % : Des besoins ponctuels sont identifiés, mais l’autonomie reste largement préservée.
  • Taux entre 50 % et 79 % : La maladie perturbe significativement les activités quotidiennes, nécessitant des aménagements ou une aide humaine régulière.
  • Taux de 80 % ou plus : La dépendance est totale ou très importante, justifiant des aides financières et techniques renforcées.

Les aides financières et humaines mobilisables

L’objectif principal est de permettre le maintien à domicile dans les meilleures conditions possibles. Plusieurs dispositifs peuvent être sollicités :

La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) : C’est l’outil financier le plus adapté dans le cadre d’Alzheimer. Elle permet de financer des aides humaines (présence d’un auxiliaire de vie), des aides techniques (matériel de sécurité, domotique pour éviter les fugues ou les accidents domestiques), ou des travaux d’aménagement du logement.

L’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) : Pour les personnes de moins de 60 ans dont le taux d’incapacité est supérieur ou égal à 80 % (ou entre 50 et 79 % avec des restrictions majeures d’accès à l’emploi), cette aide apporte un revenu minimum de solidarité.

La Carte Mobilité Inclusion (CMI) : Elle facilite les déplacements en offrant des accès prioritaires dans les espaces publics, essentiels pour réduire le stress du malade en extérieur, ainsi que des avantages sur le stationnement.

Soutien aux aidants : le répit et l’accompagnement

L’aidant est souvent le premier garant de la santé du patient. La MDPH, en reconnaissant l’état de santé du proche, permet d’activer des leviers de répit. Grâce à la PCH, il est possible de rémunérer des professionnels pour prendre le relais, permettant ainsi à l’aidant de préserver sa propre santé physique et psychologique.

Par ailleurs, la reconnaissance du handicap ouvre souvent droit à des orientations vers des structures spécialisées comme les accueils de jour ou les hébergements temporaires. Ces solutions permettent une mise à distance sécurisée et bénéfique pour les deux parties, favorisant le maintien du lien affectif sur le long terme.

La constitution du dossier : les étapes clés

Pour mettre toutes les chances de votre côté, le dossier doit être le plus complet possible. Voici les étapes à suivre :

1. Réunir le volet médical : Le certificat médical est l’élément central. Il doit être rédigé avec précision par le neurologue ou le gériatre. Il est impératif d’y décrire non seulement le diagnostic, mais surtout les troubles cognitifs (désorientation temporelle, troubles du comportement, apraxie) et leur impact sur la sécurité et l’autonomie.

2. Remplir le projet de vie : Ce document est votre chance de détailler la réalité vécue. N’hésitez pas à expliciter les difficultés rencontrées par l’aidant : besoin d’aide pour la toilette, surveillance nocturne, gestion des oublis, gestion du budget, etc.

3. Envoi et suivi : Déposez votre dossier complet via le portail en ligne ou par courrier recommandé. Une fois le dossier déposé, l’équipe pluridisciplinaire analysera vos besoins. Dans le cas d’Alzheimer, il est vivement conseillé d’adjoindre des comptes-rendus d’orthophonie ou d’ergothérapie pour étayer la demande de PCH.

La décision finale sera rendue après examen par la CDAPH. Si la situation du proche évolue rapidement, n’hésitez pas à demander une révision du taux d’incapacité avant la date d’échéance initiale, afin que les aides soient toujours en phase avec les besoins réels du malade.