Longtemps cantonnée aux salles de sport, la créatine sort de son cadre habituel pour s’inviter dans les plateaux de rééducation.
Pour les personnes en situation de handicap moteur, notamment en cas de paraplégie ou de myopathie, ce complément pourrait devenir un levier précieux pour optimiser la force résiduelle et l’autonomie au quotidien.
Dans le parcours de rééducation d’une personne atteinte d’une lésion médullaire ou d’une pathologie neuromusculaire, chaque fibre musculaire fonctionnelle compte. L’enjeu des séances de kinésithérapie est souvent d’optimiser la « force résiduelle » : cette puissance disponible dans les muscles encore innervés qui permet de réaliser des transferts, de propulser un fauteuil ou de maintenir une posture.
Le carburant de l’effort explosif
La créatine est une molécule naturellement présente dans notre organisme, principalement dans les muscles.
Son rôle est simple : elle aide à régénérer l’ATP (Adénosine Triphosphate), la source d’énergie immédiate utilisée lors d’un effort bref et intense. Pour une personne en situation de handicap moteur, l’effort ne se limite pas au sport.
Réaliser un transfert du fauteuil au lit ou monter une rampe d’accès demande une puissance musculaire « explosive ». En augmentant les stocks de phosphocréatine, la supplémentation permet de retarder la fatigue et d’augmenter l’intensité du travail lors de la rééducation et devient source d’énergie cellulaire.
Ce que dit la science : focus sur les lésions et myopathies
Plusieurs études cliniques suggèrent que la créatine peut avoir un effet neuroprotecteur et aider à maintenir la masse musculaire chez des patients immobilisés ou en rééducation.
- Pour les blessés médullaires : Des recherches indiquent qu’une supplémentation, couplée à un entraînement en résistance, peut améliorer la capacité de travail des membres supérieurs.
- Pour les myopathies légères : Si elle ne guérit pas la pathologie, la créatine a montré une capacité à augmenter légèrement la force musculaire chez les patients atteints de dystrophies, améliorant ainsi leur confort de vie.
Précautions et encadrement
Attention toutefois à l’automédication. Si la créatine est l’un des compléments les plus étudiés au monde et présente peu d’effets secondaires chez les sujets sains, elle nécessite une vigilance particulière pour les personnes ayant une fonction rénale fragilisée, parfois associée à certaines pathologies lourdes. L’avis d’un médecin rééducateur ou d’un nutritionniste reste indispensable pour adapter le protocole (généralement 3 à 5 grammes par jour) à la pathologie spécifique de l’usager.
Cet article est informatif. Toute modification du régime alimentaire ou ajout de compléments doit être discuté avec l’équipe médicale de suivi.










