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Dysorthographie et MDPH : quelle reconnaissance ?

Dysorthographie et MDPH : quels sont vos droits ?

La dysorthographie est un trouble persistant de l’apprentissage qui affecte gravement la maîtrise des règles orthographiques et la transcription correcte des mots. Si elle est souvent diagnostiquée durant l’enfance dans le cadre scolaire, elle peut perdurer à l’âge adulte et constituer un véritable frein dans la sphère professionnelle. La question de sa reconnaissance par la Maison Départementale des Personnes handicapées est légitime pour de nombreux usagers cherchant à obtenir des aménagements concrets.

Il est important de souligner que la dysorthographie n’est pas considérée comme une maladie au sens médical classique, mais comme un trouble neuro-développemental. Son inscription dans un dossier auprès d’une MDPH dépend avant tout de l’impact fonctionnel que ce trouble génère dans votre projet de vie et votre activité professionnelle.

La dysorthographie est-elle reconnue comme un handicap ?

Sur le plan administratif, la dysorthographie est classée parmi les troubles spécifiques des apprentissages. Pour obtenir une reconnaissance officielle, la commission d’évaluation ne se base pas uniquement sur le diagnostic orthophonique, mais sur les limitations d’activité que le trouble provoque. Si vos difficultés en orthographe et en rédaction engendrent des obstacles majeurs pour accéder à l’emploi ou maintenir une activité salariée, la CDAPH peut valider un dossier.

Pour maximiser vos chances de reconnaissance, il est essentiel de démontrer que vos troubles impactent des fonctions cognitives nécessaires au quotidien. La notion de « restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi » devient alors le pivot central de l’analyse menée par les équipes pluridisciplinaires.

Quelles mesures de compensation pour la dysorthographie ?

Une fois le dossier validé par l’institution, plusieurs dispositifs peuvent être activés pour compenser les effets du trouble :

  • La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) : c’est l’outil indispensable pour obtenir des aménagements de poste, comme l’utilisation systématique de correcteurs orthographiques logiciels, une durée allongée pour la rédaction de documents complexes ou une répartition différente de la charge de travail.
  • L’Orientation vers le marché du travail : la MDPH peut préconiser des accompagnements spécifiques par des structures spécialisées dans l’insertion professionnelle des personnes ayant des troubles dys.
  • La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) : plus rare pour la dysorthographie isolée, elle peut être mobilisée si le trouble est associé à d’autres manifestations neurologiques nécessitant des aides techniques spécifiques au domicile ou au bureau.

Comment constituer votre dossier de demande ?

La constitution du dossier demande de la rigueur et une approche centrée sur vos besoins réels plutôt que sur le diagnostic seul. Voici les étapes à suivre pour déposer votre demande dans les meilleures conditions.

Constituer le dossier médical

Le certificat médical, daté de moins de six mois, doit être complété avec précision par votre médecin traitant, en coordination avec les bilans réalisés par un orthophoniste ou un neuropsychologue. Il est crucial que ces documents mettent en évidence la sévérité du trouble et sa persistance malgré les rééducations suivies.

Le projet de vie : un document déterminant

Ne négligez pas cette section du formulaire Cerfa. Elle vous permet d’expliquer, avec vos propres mots, comment la dysorthographie entrave votre quotidien professionnel. Décrivez les situations précises où vos difficultés deviennent un handicap (rédaction de rapports, communication par courriel, gestion administrative) et précisez les aides dont vous auriez besoin pour compenser ces manques.

Le dépôt et l’instruction

Une fois le formulaire Cerfa n°15692 rempli, joignez-y tous les justificatifs (bilans orthophoniques, comptes-rendus de psychologues, témoignages d’employeurs si nécessaire) et déposez l’ensemble via le portail numérique dédié ou par voie postale. Le délai de traitement varie d’un département à l’autre, mais comptez généralement entre quatre et six mois pour obtenir une réponse de la CDAPH.

Nos conseils pour un dossier efficace

Misez sur l’argumentaire fonctionnel : La commission cherche à savoir ce que vous ne pouvez pas faire à cause de votre trouble. Soyez factuel sur les conséquences directes au travail plutôt que de vous limiter à l’énoncé du diagnostic.

Actualisez vos bilans : Un dossier comportant des bilans orthophoniques datant de l’enfance sera systématiquement jugé insuffisant pour un adulte. Assurez-vous d’avoir des évaluations datant de moins de deux ans.

Sollicitez un référent : N’hésitez pas à vous rapprocher d’une association spécialisée dans les troubles dys pour vous aider à rédiger votre projet de vie. Ils ont l’habitude de traduire les difficultés quotidiennes en termes administratifs clairs pour les évaluateurs de la MDPH.