La dyslexie, trouble spécifique des apprentissages, peut être reconnue par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) si elle a un impact significatif sur la vie scolaire et quotidienne de l’enfant. Le taux d’incapacité attribué par la MDPH dépend de la gravité des troubles et de leur retentissement. Voici un guide complet pour comprendre les critères d’évaluation, les démarches et les aides accessibles.
Consultez aussi notre FAQ sur les démarches MDPH.
Taux d’incapacité attribué pour la dyslexie
Le taux d’incapacité est déterminé par une équipe pluridisciplinaire de la MDPH en fonction de l’impact des troubles sur l’autonomie et la scolarité de l’enfant. Voici les principales catégories :
- Moins de 50% :
- Dyslexie légère ou modérée.
- Les troubles n’entravent pas significativement la vie quotidienne ni l’autonomie.
- Ce taux ne donne généralement pas accès à des allocations, mais peut permettre des aménagements scolaires comme un Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP).
- Entre 50% et 79% :
- Dyslexie entraînant des difficultés importantes dans les apprentissages et la vie sociale.
- L’autonomie est conservée dans les actes quotidiens, mais les troubles affectent fortement la scolarité.
- Ce taux permet d’accéder à des aides comme l’AEEH (Allocation d’Éducation de l’Enfant Handicapé) ou un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) avec accompagnement humain (AESH).
- 80% ou plus :
- Cas rares où la dyslexie est associée à d’autres troubles graves (dysorthographie sévère, dyspraxie, etc.) entraînant une perte quasi-totale d’autonomie dans les apprentissages.
- Ce taux ouvre droit à une prise en charge renforcée.
Critères pris en compte pour évaluer le taux
L’évaluation repose sur plusieurs éléments :
- Impact sur la scolarité :
- Difficultés majeures à lire, écrire et comprendre les consignes.
- Retards importants dans les apprentissages scolaires.
- Retentissement sur la vie quotidienne :
- Besoin d’un accompagnement régulier pour effectuer les devoirs ou suivre en classe.
- Isolement social ou perte de confiance en soi liée aux troubles.
- Bilans médicaux et éducatifs :
- Les bilans orthophoniques, neuropsychologiques ou psychomoteurs sont essentiels pour documenter le dossier.
Démarches pour faire reconnaître la dyslexie par la MDPH
- Constituer un dossier complet :
- Formulaire Cerfa n°15692*01 rempli par les parents.
- Certificat médical Cerfa n°15695*01 rédigé par un médecin traitant ou spécialiste.
- Bilans orthophoniques récents détaillant le diagnostic et les répercussions sur la scolarité.
- Projet de vie décrivant les besoins spécifiques de l’enfant (accompagnement humain, matériel adapté).
- Déposer le dossier :
- En ligne via MDPH en ligne.
- Par courrier recommandé à la MDPH du département.
- Directement au guichet de la MDPH.
- Évaluation par l’équipe pluridisciplinaire :
- Analyse des documents fournis et, si nécessaire, entretien avec la famille.
- Décision de la CDAPH :
- La Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées rend une décision précisant le taux d’incapacité et les aides accordées.
Aides accessibles en cas de reconnaissance
- Allocation d’Éducation de l’Enfant Handicapé (AEEH) :
- Montant de base : 140,53 € par mois (2025).
- Compléments possibles selon les besoins spécifiques (embauche d’une aide humaine, réduction du temps de travail des parents).
- Accompagnement humain (AESH) :
- Auxiliaires de Vie Scolaire pour aider l’enfant dans ses apprentissages.
- Matériel pédagogique adapté :
- Fourniture d’un ordinateur avec logiciels spécifiques pour compenser les difficultés liées à la dyslexie.
- Aménagements scolaires via un PPS :
- Temps supplémentaire aux examens.
- Supports pédagogiques adaptés (textes simplifiés, documents audio).
- Orientation vers des structures spécialisées :
- Classes adaptées ou établissements spécialisés en cas de troubles sévères.
