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Femme: Hélène Gabert, clown qui rit, clown qui pleure

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Par Caroline Lhomme

 

Hélène Gabert est atteinte d’un trouble bipolaire. Avec Marie Alvery, elle a co-écrit « J’ai choisi la vie », un livre où elle décrit son quotidien et explique sa maladie. Anciennement appelée maniaco dépression, ce trouble  s’est beaucoup développé ces dernières années, et commence à être mieux diagnostiqué et soigné.

 

Hélène est coach sportif à Bruxelles. Mariée et mère de deux enfants, elle vit avec un trouble bipolaire. Cette maladie psychiatrique encore mal connue se caractérise par une alternance d’humeurs, d’euphorique à dépressive, handicap invisible pour la plupart des gens qui l’entourent. « Notre quotidien ressemble à celui de toutes les femmes actives, gérant  travail, enfants et loisirs. Ni plus ni moins que l’ordinaire d’une femme normale». Atteinte d’un trouble de type II, Hélène vit un quotidien d’oscillations entre les hauts, les bas, et les milieux acceptables. Son mari et elle ont réussi malgré tout à former un couple solide et amoureux. Sa famille a été éprouvée par des pertes tragiques qui ont contribué à former sa personnalité torturée. Sa famille tient le choc, mais Hélène, elle, n’a pas « cette capacité à contenir (s)es larmes ». « J’ai l’intuition que mes débordements émotionnels et ma colère sont en corrélation avec cette histoire familiale ».





 

Éviter toute perturbation

Son attention étant perturbée par ses sens, Hélène doit éviter les éléments perturbateurs. « Par exemple, je ne supporte pas le bruit de fond de la télévision (et en particulier les informations) dont certaines images ou sons pourraient s’imprimer démesurément dans ma mémoire». Hélène a de plus en plus d’oublis, alors elle note tout dans de petits carnets, ses « cahiers de bébé », se plaît à dire son benjamin.

 

Hélène suit assidûment depuis 4 ans une thérapie comportementale et cognitive et prend un médicament chaque jour « en plus de tous les compléments alimentaires et d’une hygiène de vie appliquée». La thérapie lui a appris à être plus indulgente vis-à-vis d’elle-même. « Pour supporter le quotidien, je me suis créé de nombreux garde-fous, qui se sont transformés en rituels. S’ils laissent peu de place au hasard, ils ne sont plus véritablement une contrainte car je les ai intégrés à mon mode de vie». Longtemps, elle a imaginé que le diagnostic était provisoire, mais elle a dû se résoudre à «l’avaler». Parfois, se croyant guérie, elle a arrêté son traitement, mais « c’était aller trop vite en besogne ».






Anciennement commerciale, Hélène a dû se reconvertir dans une activité plus adaptée: le coaching sportif. « Je peux aménager mes horaires tout en me dépensant, en étant proche de la nature et en créant du lien, ce qui m’est indispensable». Cette activité lui permet de travailler beaucoup en extérieur, ce qui apaise les oscillations de son humeur. Entre les activités sportives de ses enfants et les siennes (instructeur de marche nordique et aquabiking), Hélène s’apaise : « Cela me permet de faire une dizaine d’heures de sport par semaine en plus des activités avec mes enfants. C’est vital et cela me permet d’éliminer un influx nerveux et un stress trop prégnants».

 

Accepter, un besoin vital
« Il y a une vie avant et après l’acceptation. Et depuis je revis. Je n’ai jamais été aussi bien de ma vie. J’ai travaillé la distanciation, le lâcher prise, la priorisation des urgences, la pleine conscience, la bienveillance, être dans le plaisir et non dans l’obligation et le devoir perpétuels… Tout cela m’a permis de me libérer». Sept ans se sont écoulés entre la révélation de son trouble et sa complète acceptation. «Accepter a été le premier pas du processus de rétablissement. Car sans acceptation, il n’y a point de salut».





« Le livre n’est qu’un aboutissement de mon chemin thérapeutique et la n’est pas finie».

Hélène est  administratrice de l’association d’entraide «Le Funambule» pour personnes atteintes de troubles bipolaires et leur entourage : « Une personne bipolaire est tour à tour, et parfois même simultanément, le clown qui rit, le clown qui pleure. Le funambule en équilibre au péril de sa vie. Pour certains, la performance se terminera en chute mortelle, pour les autres, il faut remettre sans cesse le coeur à l’ouvrage. Voilà avec quoi je dois lutter tous les jours». Aujourd’hui, elle a trouvé un équilibre. Elle médite et prie beaucoup, pour s’apaiser. Fin septembre, elle a participé à un déplacement pour un défi sportif charitable pour Médecins du Monde (660 km à vélo en 4 jours entre Bruxelles et Amsterdam AR). Et l’avenir ? Hélène est sereine et espère développer ses activités sportives et nutritionnelles à son rythme. Elle a aussi  un défi personnel: « Reprendre un jour une activité commerciale, juste pour me prouver que j’ai bien intégré toute ma thérapie comportementale, que je sais gérer mes priorités, mes émotions et prendre de la distance avec ce qui m’entoure. Être capable de gérer la pression… mais c’est certainement un doux rêve. Pourquoi prendre des risques et vouloir renouer avec du stress potentiel et se mettre en danger ? Oui j’aime les relations humaines et commerciales et les défis. À moi de créer ces défis dans ma nouvelle activité».





Elle voit son avenir serein, « sans peur et surtout sans crise… car maintenant j’ai toutes les armes pour lutter même si cela ne permettra pas d’éviter certains up&downs soudains mais qui sont gérables et raisonnables, car d’une ampleur beaucoup moins importante que par le passé». Et elle est sûre qu’en travaillant en pleine conscience elle aura la capacité de récupérer des fonctions neurocognitives, ce qui est primordial pour elle.

 

Plus d’infos: « J’ai choisi la vie », Hélène Gabert et Marie Alvery, Éditions Payot. Et:

http://jaichoisilavie.com/

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