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Permis de conduire et troubles du neurodéveloppement : lever les freins, ouvrir la voie

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Passer le permis de conduire est un passage décisif vers l’autonomie. Mais pour les personnes vivant avec un trouble du neurodéveloppement — qu’il s’agisse de troubles DYS, de TDAH, d’autisme ou de trouble du développement intellectuel — cette étape devient souvent un parcours semé d’embûches.

Conduire avec un trouble du neurodéveloppement

Les troubles du neurodéveloppement regroupent notamment l’autisme, les troubles DYS (dyslexie, dyspraxie, dysphasie, dysorthographie, dyscalculie), le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et le trouble du développement intellectuel (TDI). Ces troubles, souvent invisibles, impactent profondément les apprentissages et la vie quotidienne, y compris l’accès au permis de conduire.

Selon l’enquête nationale menée par la Fédération Mauvais Cancres auprès de 533 personnes concernées, apprendre à conduire représente un véritable défi multitâche : il faut lire et comprendre rapidement des informations écrites, coordonner ses gestes, gérer l’espace, traiter de multiples stimulations sensorielles et rester concentré malgré les distractions.

Pour une majorité, ces difficultés se cumulent : près de 40 % des répondants vivent avec plusieurs TND en même temps (par exemple, un trouble DYS associé à un TDAH ou à un TSA).

Obstacles et inégalités d’accès au permis de conduire

L’enquête révèle une inégalité criante : deux personnes sur trois n’ont pas déclaré leur TND à l’auto-école lors de l’inscription.





Cette réticence s’explique en partie par la peur d’être jugé ou de se voir refuser l’accès au permis, mais aussi par la conviction que cela ne changerait rien à leur parcours. Sur le terrain, le manque de formation des enseignants de la conduite aux besoins spécifiques des personnes avec TND est flagrant. Beaucoup de candidats témoignent que leur trouble n’a pas été pris en compte ou très peu, ce qui complique leur apprentissage.

Les aménagements adaptés, notamment pour l’examen du code, restent insuffisamment connus et appliqués. Si certaines mesures existent, comme la lecture à voix haute ou le temps supplémentaire, elles concernent principalement les troubles DYS et ne sont pas généralisées. Par ailleurs, les supports pédagogiques ne sont pas toujours adaptés, et les environnements bruyants ou stressants rendent la concentration difficile. Ces facteurs, combinés à un surcoût lié au nombre d’heures de conduite souvent supérieur à la moyenne nationale, rendent le parcours particulièrement exigeant.

Vers une meilleure prise en compte des besoins

Face à ces constats, la stratégie nationale 2023-2027 pour les troubles du neurodéveloppement, lancée en novembre 2023, place la question de l’accessibilité au cœur de ses priorités. Cette initiative, fruit d’une large concertation entre associations, professionnels, collectivités et État, vise à former les professionnels, y compris les enseignants de la conduite, pour mieux comprendre et accompagner les personnes avec TND. Elle encourage également le développement d’un accompagnement individualisé et d’aménagements adaptés à tous les troubles, au-delà des seuls troubles DYS.





La stratégie prévoit de simplifier et rendre plus lisible l’offre d’accompagnement, en s’appuyant sur l’expertise des centres ressources spécialisés. Elle entend aussi sensibiliser les familles, les établissements et les structures d’apprentissage à l’importance de déclarer le trouble pour adapter le parcours, afin d’éviter que la peur ou la méconnaissance ne freinent l’accès au permis.

Conseils pratiques pour réussir son permis avec un TND

Pour les personnes concernées, oser parler de leur trouble à l’auto-école est une étape essentielle. Cette démarche permet de bénéficier d’un accompagnement spécifique et d’aménagements lors des examens, tels que du temps supplémentaire, des supports adaptés ou un environnement plus calme.

Même si cette démarche peut sembler difficile, elle constitue un levier important pour mettre toutes les chances de son côté.

Il est également essentiel de s’informer sur ses droits, car la réglementation prévoit des adaptations pour les candidats en situation de handicap, y compris ceux avec un TND. Les associations spécialisées, la FFDys ou les préfectures sont des sources précieuses pour connaître les démarches et dispositifs existants.

Choisir une auto-école sensibilisée aux troubles du neurodéveloppement peut grandement faciliter le parcours. Certaines structures ont formé leurs équipes pour accueillir ces publics et proposent des parcours individualisés, avec des outils pédagogiques adaptés. Il faut leur demander directement.





L’apprentissage peut être optimisé en fractionnant les séances de conduite, en alternant temps de pratique et pauses, et en utilisant des supports visuels ou numériques qui réduisent la charge cognitive.

Enfin, s’entourer d’un réseau de soutien, que ce soit la famille, des professionnels de santé ou des associations, aide à maintenir la motivation et à surmonter les difficultés.

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