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Troubles du neurodéveloppement : l’explosion des pseudo-professions inquiète les familles et les experts

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La Fédération France TND tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué, elle dénonce la multiplication de “coachs” et de “pseudo-spécialistes” se présentant comme des experts en troubles du neurodéveloppement (TND) alors qu’ils n’ont ni formation reconnue, ni diplôme d’État, ni légitimité scientifique. Une dérive qui expose directement les familles et les personnes concernées à des pratiques potentiellement dangereuses.

Des TND de mieux en mieux connus, mais encore mal accompagnés

Les troubles du neurodéveloppement regroupent plusieurs réalités : l’autisme, le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), les troubles dys (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie…), les troubles du développement intellectuel et d’autres encore. Ces conditions, qui apparaissent dès l’enfance, ont des répercussions importantes sur la scolarité, la vie sociale, l’emploi et l’autonomie.

Ces dernières années, la sensibilisation aux TND s’est amplifiée. Les médias, les associations et les institutions ont contribué à mieux faire connaître ces troubles, à encourager le diagnostic précoce et à promouvoir une inclusion plus juste. Mais ce progrès a aussi ouvert la porte à un phénomène parallèle : l’essor d’offres privées d’accompagnement sans cadre ni contrôle.

Des “formations” express et des promesses douteuses

France TND pointe en particulier l’explosion de formations en ligne de courte durée. Après quelques heures ou quelques jours de vidéos, certains se proclament “coach en neurodiversité”, “référent TND” ou encore “orthopédagogue”.





Le problème ? Leurs interventions reposent rarement sur les recommandations officielles de la Haute Autorité de Santé (HAS) ou les critères diagnostiques du DSM-5, l’outil de référence en psychiatrie. Pire : les conseils prodigués relèvent parfois de croyances personnelles ou de pseudo-sciences.

Parmi les exemples cités par la Fédération :

  • la prescription sauvage de compléments alimentaires (comme le safran en cure quotidienne) ;
  • des régimes restrictifs non justifiés (suppression totale des produits laitiers) ;
  • l’usage de substances comme le CBD présenté comme “solution miracle” ;
  • des explications non fondées, comme l’idée que les TND proviendraient d’un traumatisme psychologique d’enfance.

Ces discours brouillent les repères des familles, entretiennent la confusion et peuvent retarder l’accès à des soins adaptés.

L’usurpation des métiers réglementés

Autre dérive inquiétante : certains se présentent comme éducateurs spécialisés, psychologues, ergothérapeutes ou orthophonistes… sans en avoir le diplôme ni les compétences. Ou plus simplement, certains proposent un accompagnement du même type que celui d’un psychologue, sous le terme de coach ou de thérapeute. Cette usurpation de titre, directe ou indirecte, voulue ou inconsciente, n’est pas seulement une tromperie morale : elle constitue une infraction, passible de sanctions pénales.

Mais dans les faits, les contrôles sont rares et les victimes ont peu de moyens de se défendre. Les familles, déjà fragilisées, font confiance à des interlocuteurs qui affichent une expertise qu’ils n’ont pas.





Le besoin légitime d’accompagnement

Pour autant, tout n’est pas noir. Derrière ces nouvelles appellations (“référent en neurodiversité”, “spécialiste en neurosciences appliquées”), on retrouve parfois des personnes engagées, souvent elles-mêmes concernées par les TND, qui cherchent à partager leur expérience et à combler un vide dans le système d’accompagnement.

En effet, malgré les progrès, l’accès aux soins et aux accompagnements adaptés reste très inégal selon les territoires. Les délais pour obtenir un diagnostic sont souvent de plusieurs mois, voire plusieurs années. Les professionnels formés manquent cruellement et les familles se retrouvent seules face à leurs besoins quotidiens.

Ce vide crée un terreau fertile pour l’émergence de pratiques parallèles. Mais c’est justement là que réside le danger : répondre à un besoin réel ne justifie pas d’exposer des personnes vulnérables à des méthodes non validées.

Qui est France TND ?

La Fédération France TND est une organisation nationale qui regroupe familles, adultes concernés et professionnels engagés. Son objectif : défendre les droits des personnes avec TND, améliorer leur accompagnement et garantir l’accès à des solutions respectueuses de la dignité et basées sur les recommandations officielles.

Elle agit à plusieurs niveaux :

  • représenter les personnes concernées auprès des pouvoirs publics ;
  • alerter sur les dérives et défendre la qualité des accompagnements ;
  • soutenir les familles dans leur parcours, souvent complexe et semé d’embûches ;
  • promouvoir la formation des professionnels et le respect des référentiels validés par la HAS et les sociétés savantes.

Sous la présidence de Corentin Dugat, la Fédération multiplie les initiatives pour placer la voix des personnes concernées au cœur des débats publics.





Un appel à la régulation

Dans son communiqué, France TND demande aux pouvoirs publics de réagir fermement :

  • contrôler et sanctionner l’exercice illégal de professions réglementées ;
  • encadrer les nouvelles appellations qui fleurissent sans cadre officiel ;
  • promouvoir les accompagnements fondés sur la science et validés par les autorités de santé ;
  • protéger les familles et les adultes TND contre la désinformation et la manipulation.

L’enjeu est double : préserver la santé et la dignité des personnes, mais aussi défendre la crédibilité des véritables professionnels, déjà fragilisés par le manque de moyens.

Entre vigilance et espoir

Cette alerte met en lumière un dilemme : comment répondre rapidement au besoin d’accompagnement sans céder aux solutions faciles ?

Les associations comme France TND rappellent qu’il existe des repères solides :

  • les recommandations de la HAS ;
  • les diagnostics posés par des médecins spécialisés ;
  • les suivis assurés par des professionnels diplômés (psychologues, orthophonistes, éducateurs spécialisés, ergothérapeutes, etc.).

Dans le même temps, elles appellent à ne pas ignorer la demande croissante d’accompagnement, qui exige plus de moyens, plus de professionnels formés et une meilleure coordination entre institutions et familles.

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