PARIS, (AFP) – À l’occasion de la 17e édition des Pyramides de chaussures organisées par Handicap international, des centaines de personnes jetaient samedi place du Trocadéro à Paris leurs paires de souliers en soutien aux victimes de mines anti-personnel.
Des tas de baskets, sandales et bottes devaient s’ériger toute la journée dans 30 autres villes de France pour dénoncer « la production, l’utilisation et la commercialisation » des mines antipersonnel et des bombes à sous-munitions (BASM) qui font « encore aujourd’hui une victime toutes les deux heures », selon l’ONG.
Bien qu’interdites par les traités d’Ottawa (1997) et d’Oslo (2008), ces armes « ont été utilisées à plusieurs reprises cette année (…), notamment en Libye où un carnage est annoncé dans l’avenir », a déclaré à l’AFP Jean-Marc Boivin, directeur général d’Handicap international (HI). Cette 17e édition a mis également l’accent sur le Laos, « pays le plus pollué du monde avec 80 millions de bombes à sous-munition disséminées et non-explosées », a-t-il précisé.
M. Boivin souhaite « rappeler aux Etats leurs engagements », notamment à la France, dont le budget d’aide pour l’action contre ces armes de « 2,6 millions d’euros (…) est injustifié et injustifiable » et « très en deçà d’autres pays européens ».
Handicap international craint également qu’un nouveau protocole soit adopté prochainement, « un traité bas de gamme soutenu par la France visant à interdire uniquement les vieilles bombes à sous-munitions et qui revient à légitimer les BASM », selon M. Boivin. « Nous devons éradiquer ces armes contraires au droit humanitaire et amener tous les Etats à signer » les deux traités, a exhorté le directeur général de l’ONG, rappelant qu’ils n’étaient toujours pas ratifiés par la Russie, la Chine ou les Etats-Unis. Lynn Bradach, une Américaine dont le fils soldat a été tué en juillet 2003 par une bombe à sous-munition américaine alors qu’il participait à des opérations de déminage en Irak, « espère que les Etats-Unis vont cesser d’utiliser ces armes et signer les traités ». Handicap international estime à 83 le nombre de pays pollués par ces engins explosifs et à 500.000 le nombre de blessés nécessitant une aide à vie.









