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Vagdespoir : L’handiglisse sans vague à l’âme

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Par Hélène Morisseau

 

En 2004, Ismaël Guilliorit, amputé d’une jambe depuis la naissance, crée avec un groupe d’amis l’association Vagdespoir, pour réunir les handis et les valides autour de la passion des sports de glisse. Aujourd’hui, c’est une association référence de l’handiglisse en France qui repose sur des bénévoles toujours aussi enthousiastes et un président charismatique.

 

Soleil radieux, mer d’huile : les conditions sont idéales pour fêter en ce premier week-end de septembre les dix ans de Vagdespoir sur la plage de Pontaillac, à Royan. Pourquoi cet endroit ? C’est là où vit son président, Ismaël, avec sa femme et son fils, mais c’est surtout le lieu de naissance de l’association. Alors c’était comme une évidence : le retour aux sources pour souffler les bougies. La musique donne le rythme sur la plage. Le DJ aux rastas danse derrière ses platines. Les membres de l’association diffusent leur bonne humeur aux abords du stand des inscriptions, sous les tentes berbères installées pour l’occasion, sur la plage, dans l’eau. Chacun trouve naturellement sa place lors de ce rassemblement.

Il y a les adhérents, les sympathisants, les bénévoles, les handis, les valides, les enfants… C’est bien là que se trouve l’une des forces de Vagdespoir : la faculté à rassembler. Il suffisait de passer quelques heures sur cette plage pour en témoigner. L’objectif de l’association est une joyeuse ritournelle : partager ensemble des activités nautiques (surf, paddle, kayak…). Mais, c’est un prétexte pour réunir les valides et les handis et provoquer de belles rencontres. Aux commandes de l’association depuis sa création, apparaît une sacrée personnalité, un modèle d’altruisme, qui donne beaucoup de son temps et de son énergie. Et lorsqu’on lui pose la question : « Ismaël, vous êtes avant tout un handi, un surfer ou le président de Vagdespoir ? ». Il répond simplement : « J’aimerais être les trois en même temps mais on ne peut pas se couper en trois, alors il faut faire des choix ». L’investissement d’Ismaël pour Vagdespoir est considérable.





Il part régulièrement dans les écoles mener des actions de sensibilisation sur le handicap, il intervient aussi en milieu hospitalier pour soutenir les personnes handicapées et leur famille. Puis, il enchaîne avec les week-ends « Handiglisse », qui demandent beaucoup de préparation et d’organisation. Bénévole à temps complet, il doit jongler entre son métier de gérant de mini-golf et ses responsabilités de papa. Il reconnaît que sa femme, infirmière, est très compréhensive et lui laisse une grande liberté. Ce sportif n’a pas une minute à lui, sans trop l’avouer il frôle parfois le surmenage. Alors, il se garde une session de surf par mois pour éviter l’amertume. Lui qui a accompli son rêve, surfer sur de modestes vagues à Pontaillac en bricolant ses prothèses, a encore des rêves tous simples. Il veut aussi continuer à transmettre sa passion pour le surf à d’autres sportifs handicapés. Quentin, sept ans, polyhandicapé et mal voyant a fait son baptême de surf en septembre dernier lors du week-end « Handiglisse » à Carcans. Encore une belle histoire à inscrire au « palmarès » de Vagdespoir. Combien d’handis ont (re)trouvé le sourire grâce à l’équipe d’Ismaël ? C’est la partie immergée de l’iceberg, celle qui donne la force à Ismaël de continuer l’aventure. Mais ce que l’on soupçonne moins, c’est le bienfait de telles manifestations pour les gens valides. « C’est une minorité qui donne un message à la majorité » fait remarquer Ismaël.





 

Dix ans d’actions

Après dix ans d’actions sportives et autres manifestations, c’est l’heure du bilan, qui s’annonce positif. Les chiffres parlent d’eux-mêmes avec ce nombre croissant d’adhérents dont deux sur trois sont valides. L’association fédère actuellement 400 adhérents, à jour de leur cotisation, ce qui donne un flux de 700 à 1000 adhérents. Il y a de nouveaux adhérents, mais il y a les aussi fidèles de la première heure qui cimentent l’édifice en donnant de leur temps à chaque manifestation et qui épaulent Ismaël. Ces rassemblements remportent d’ailleurs un vif succès : 150 participants à Royan, 200 à Carcans. L’association limite volontairement la publicité car elle ne serait pas en mesure de gérer un afflux de demandes.

Même si Ismaël se sent parfois accablé par le manque de moyens financiers, par la lourdeur des démarches administratives, par les problèmes de logistique (absence de local), il ne conçoit pas de passer le relais, trop périlleux. Alors il lance de nouveaux projets pour aller encore plus loin : réaliser un nouveau site internet (l’ancien ayant été piraté) pour mettre en valeur les actions menées par Vagdespoir, créer une nouvelle association pour mettre en avant les performances des sportifs handicapés, développer du matériel handi…





Son avenir, il le souhaite « aussi bien que le présent, je n’ai besoin de rien.». Il se nourrit des rencontres qu’il faites, il n’a pas de modèles, il puise dans les gens qui lui donnent envie « les honnêtes, les souriants et les courageux ».

 

Plus d’infos : www.vagdespoir.com et mail : contact@vagdespoir.com

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