Par Lisa Wagner
« Cette journée, je l’ai souhaitée pour mettre en lumière les différents acteurs de notre territoire dans le Handicap afin qu’ils se rencontrent et créer des passerelles entre eux », avance Nadège Hornbeck, Vice-présidente de la Région Grand Est chargée de la Santé et du Handicap.
Cette nouvelle initiative « Journée Régionale du Handicap » dresse le bilan depuis la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées en France.
La Région Grand Est a également dévoilé une Feuille de Route Handicap pour 2026-2028, construite autour de quatre axes : Éducation, Orientation et Emploi Inclusion, Vie sociale et Citoyenne ainsi que Santé, Qualité de vie et Services aux Usagers Innovation et Développement économique.

Une journée en plusieurs étapes
Environ 150 personnes ont répondu à l’invitation de la Région Grand Est. La journée démarre avec un café, entre discussions et rencontres, dans la convivialité. Parmi certains groupes, des visages connus apparaissent comme celui du nageur français Hector Denayer, venu témoigner sur son parcours.
A partir de 10h15, l’hémicycle se remplit pour écouter l’introduction de la Vice-présidente de la Région Grand Est chargée de la Santé et du Handicap. Ce discours lance le début des échanges. « Je suis très heureuse de vous accueillir », déclare Nadège Hornbeck. La Vice-présidente souligne l’importance de débattre des enjeux liés au handicap. La Région Grand Est veut faire le bilan et avancer. « Vous êtes à la maison », conclut Mme Hornbeck.
L’ensemble des séquences de la journée sont traduites en langues des signes françaises (LSF).

Un bilan 21 ans après la loi du 11 février 2005
Les premiers invités à prendre la parole sont : Alan Vinot de la Fondation Bompard, Hector Denayer et Florence Damour déléguée générale RSE Université de Lorraine, avec Patrick Scharf pour mener la discussion.
« C’est remarquable ce que fait la Région, car ce n’est pas l’une de leur compétence », commence par dire Alan Vinot de la Fondation Bompard, qui a pour rôle d’accueillir, soigner, accompagner notamment au quotidien les adultes en situation de handicap mental, psychique ou neurodéveloppemental en Moselle et Meurthe-et-Moselle. Selon Alan Vinot, « il manque une forme de guichet unique » pour les différentes situations autour du handicap. La simplification reste l’une des propositions de Monsieur Vinot. « Les constats sont là, ça avance, malgré tout il faut prioriser les retours positifs comme le dispositif Eclat* », explique Alan Vinot.
* Le dispositif Éclat est un service gratuit d’ergothérapeutes qui se déplacent à domicile pour trouver et installer les aides techniques et matériels adaptés afin d’aider les personnes dépendantes à rester chez elles en toute autonomie.
Place ensuite à Hector Denayer pour parler de son parcours d’athlète en situation de handicap. « Je pense que l’image des para-athlètes a évolué grâce aux Jeux de Paris 2024 », témoigne Hector. Il poursuit « Aujourd’hui, on me voit comme un athlète et pour mes performances ». Le jeune sportif parle de résilience « je suis né sans ma main mais je ne me suis pas morfondu ».
Enfin, la première partie se termine avec l’intervention de Florence Demou, Déléguée générale RS Université de Lorraine. Elle dévoile que « des efforts sont faits au cœur de l’université », mais la problématique des moyens persiste encore.
Une table ronde pour échanger sur la situation de l’emploi, la formation et l’insertion professionnelle
Un nouveau trio prend place, Dominique Tabac (APF France Handicap), Émilie Oukoloff (Agefiph Grand Est) et Yohann Segaux (médaillé aux Compétitions des Métiers). Cette journée est également organisée pour mettre en lumière les avancées positives, Émilie Oukoloff avance, « il y a trois fois plus de salariés en situation de handicap qu’en 2005 », dans les entreprises du secteur privé de 20 salariés.
Une autre thématique a été abordée par Dominique Tabac, la santé mentale des jeunes en situation de handicap. En effet, des évolutions restent à apporter du côté de l’accompagnement pour la recherche d’emploi avec des préjugés qui existent encore.
Un autre témoignage est venu ponctuer cette matinée, celui de Yohann Segaux, boulanger et médaillé aux Compétitions des Métiers. Il est atteint de dyslexie, cependant, il explique « j’ai un handicap invisible mais je me suis donné à fond et j’ai réussi ». Yohann Segaux avance, « je n’ai pas trop subit de stéréotypes mais les gens ne savent pas que la dyslexie est un handicap ».

Après des échanges riches une pause conviviale
C’est un autre acteur engagé qui a préparé le buffet : Café Joyeux. « Une attention particulière a été portée à l’accessibilité, en adaptant l’espace pour les personnes en situation de handicap », dévoile Juliette Pech, chargée de mission Handicap à la Région Grand Est.
Il y a également un Forum des Solutions. C’est un espace dédié pour découvrir les initiatives des structures engagées : l’ONFEA, l’APF France Handicap, l’ESAT l’EVASION ou encore l’ADAPEI Papillons Blancs Alsace. « On a dû limiter les nombres de stands dans le Forum malgré la demande », explique Juliette Pech.

« Cette journée est nécessaire pour rappeler qu’on avance même si on a encore du retard. Après, c’est bien de remettre les choses à plat », avance Patricia Rodziewicz coordinatrice vacances adaptées chez UFCV.
Alexandrine Naye et Anne-Sophie Meyer pour l’ALEF sont aussi présentes. « C’est une bonne journée pour rencontrer des partenaires et pour s’associer les uns aux autres », souligne Alexandrine.
Il y a déjà des retours positifs sur cette première matinée dédiée au handicap, « J’ai trouvé que les témoignages des jeunes étaient bien, ça donne quand même de l’espoir », explique Anne-Sophie.
Une belle initiative qui s’est poursuivie avec d’autres échanges et un interlude musical proposé par l’ESAT évasion.












