Le coût des appareils auditifs peut représenter un frein pour de nombreuses personnes concernées par une perte auditive. Face à ces coûts, des dispositifs financiers sont mis en place pour les rendre plus accessibles
La perte auditive constitue une réalité pour une part non négligeable de la population française. Les données épidémiologiques, telles que celles communiquées par l’Inserm en juin 2022, estiment entre 10 et 12 millions le nombre de personnes souffrant de troubles de l’audition. Le Panorama sur le handicap publié par la Drees en 2024 précise que près de 6,6 % des adultes vivant en France déclarent des limitations auditives sévères ayant un impact sur leur quotidien.
Afin de simplifier l’accès aux solutions auditives, les équipements disponibles sont classés en fonction de leur niveau de remboursement. On distingue ainsi deux catégories principales d’aides auditives dont la classe I, comprenant les équipements intégralement remboursés pour les patients dans le cadre de l’offre 100% Santé et la classe II, regroupant les équipements dont les prix sont librement fixés hors offre 100% Santé.
Les aides financières à l’achat
L’Assurance Maladie rembourse une partie du coût des appareils auditifs. Depuis la réforme « 100 % Santé » pleinement active en 2021, les équipements de Classe 1 sont intégralement remboursés, sous réserve de bénéficier d’une complémentaire santé responsable. Le montant de base de remboursement est fixé à 400 € par oreille pour les adultes de plus de 20 ans. Pour les enfants de moins de 20 ans ou les personnes atteintes de surdité, ce montant peut atteindre 1 400 € par oreille. Cette prise en charge s’applique uniquement sur prescription médicale délivrée par un médecin oto-rhino-laryngologie (ORL).
Les mutuelles complémentaires prennent également en charge les appareils auditifs. Dans le cadre du dispositif 100 % Santé, elles complètent systématiquement la part non remboursée par l’Assurance Maladie pour les équipements éligibles. Pour les appareils de “Classe 2”, la couverture dépend du contrat souscrit et peut varier de manière importante. Il est donc recommandé de consulter son contrat ou de prendre contact auprès de la mutuelle, pour obtenir le détail précis des prises en charge.
La Prestation de Compensation du Handicap est une aide attribuée par les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH). Elle peut couvrir une partie du coût de l’équipement auditif. L’attribution de la PCH dépend du niveau de handicap et de l’impact sur la vie quotidienne. La PCH peut financer à hauteur de 75 % du tarif de l’équipement, avec un plafond allant jusqu’à 3 960 € tous les trois ans pour les aides techniques, incluant les appareils auditifs. pour les personnes dont la perte auditive est reconnue comme un handicap lourd.
L’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH), bien qu’elle ne soit pas spécifiquement destinée au financement d’appareils auditifs, permet aux bénéficiaires de disposer de ressources supplémentaires pouvant servir à cet achat. L’AAH est accordée sous conditions de ressources et de taux d’incapacité. Le montant maximum mensuel de l’AAH en 2024 est de 971,37 €.
Certaines caisses de retraite, collectivités locales ou fonds d’action sociale, comme ceux proposés par les Caisses Primaires d’Assurance Maladie (CPAM) ou la Mutualité Société Agricole, proposent des aides exceptionnelles pour l’achat d’appareils auditifs. Ces aides sont généralement attribuées sous conditions de ressources et après évaluation du besoin. Il est conseillé de se rapprocher de son organisme de rattachement pour connaître les dispositifs locaux existants.
Les types d’équipements existants
Les prothèses auditives se déclinent en plusieurs catégories, chacune adaptée à des besoins spécifiques. Les appareils en contour d’oreille (BTE) conviennent aux pertes auditives sévères grâce à leur puissance et leur robustesse, bien que leur boîtier externe soit visible. Les micro-contours d’oreille (RIC) représentent une version plus discrète, avec un écouteur placé dans le conduit auditif et un boîtier miniaturisé derrière l’oreille, idéal pour les pertes légères à modérées. Pour obtenir un large choix de modèles et bénéficier d’un accompagnement personnalisé, découvrez les produits Unisson.
Les appareils intra-auriculaires (ITE, ITC, CIC) se logent partiellement ou totalement dans le conduit auditif, offrant un compromis entre discrétion et performance, selon le degré de miniaturisation. Enfin, les appareils auditifs invisibles (IIC), constituent la solution la plus discrète, presque indétectables une fois insérés dans le conduit auditif, mais réservés aux pertes légères à moyennes en raison de leur taille réduite. Ces modèles intègrent désormais des technologies avancées comme le Bluetooth ou l’intelligence artificielle pour un son personnalisé.
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Prix moyens des équipements
Lors de l’achat d’un appareil auditif, plusieurs facteurs sont à considérer. En premier lieu, le coût de l’appareil, le type d’appareillage adapté à votre perte auditive, les fonctionnalités nécessaires, le confort d’utilisation et l’accompagnement proposé par l’audioprothésiste. Chaque client bénéficie d’un essai de 30 jours minimum de l’aide auditive avant achat.
Pour un appareil auditif de Classe I, entièrement remboursable dans le cadre du 100 % Santé, le prix est plafonné à 950 € par oreille. Ce type d’appareil offre des fonctionnalités adaptées aux pertes auditives légères et modérées.
Pour un appareil de Classe II, offrant plus de personnalisation, une meilleure qualité sonore et des fonctionnalités connectées (Bluetooth, réducteur de bruit avancé, recharge sans pile), les prix oscillent généralement entre 1 200 € et 2 500 € par oreille. Le reste à charge est donc plus important, même avec une complémentaire santé.
Avant tout achat d’appareil auditif, il est recommandé de réaliser un bilan auditif complet auprès d’un audioprothésiste pour obtenir des conseils personnalisés. Depuis le 1er janvier 2020, il est obligatoire pour eux d’établir et de présenter un devis normalisé incluant une offre 100 % santé à l’assuré.










