Le marché de l’emploi reste un défi de taille pour les personnes en situation de handicap. Si la dynamique de retour à l’emploi s’est légèrement améliorée ces dernières années, les obstacles persistent. Au 1er semestre 2024, selon le tableau de bord de l’Agefiph, le taux de chômage représentait 12 %, soit presque le double de celui de la population générale (7%). Les demandeurs d’emploi en situation de handicap sont de plus en plus âgés puisque plus d’une personne en situation de handicap sur deux a plus de 50 ans. Quant à la durée moyenne d’inscription au chômage, elle dépasse deux ans (815 jours en 2024).
Face à ce constat, des leviers d’accompagnement se renforcent. En six mois seulement, plus de 90 000 recrutements ont été enregistrés. Les dispositifs tels que l’emploi accompagné ou les aménagements de poste gagnent en visibilité, notamment grâce aux actions de l’Agefiph. Cette dynamique s’accompagne d’une meilleure reconnaissance des handicaps invisibles, souvent d’ordre psychique ou cognitifs en entreprises et dans les structures spécialisées. Quels sont alors les métiers qui ouvrent le plus leurs portes aux personnes en situation de handicap ?
Certains métiers se distinguent particulièrement par leur capacité à intégrer ce public et à offrir de nombreuses opportunités professionnelles.
D’après les données de la DREES sur le panorama du handicap en 2024, deux métiers concentrent une part significative de travailleurs en situation de handicap, avec des différences notables entre le secteur privé et public, et selon la reconnaissance ou non du handicap.
Deux métiers concentrent une part significative de travailleurs en situation de handicap
Dans le secteur public, les employés civils et agents de service de la fonction publique sont prédominants, représentant 38 % des personnes reconnues handicapées en emploi, contre 26 % pour ceux sans reconnaissance.
Dans le secteur privé, les personnes reconnues handicapées occupent majoritairement des postes d’employés administratifs et civils, représentant 19 % de cette population, contre 13 % pour les personnes sans reconnaissance de handicap.
Dans les deux secteurs, les ouvriers qualifiés ou non qualifiés de types artisanal représentent également une proportion importante. Un taux de 7% parmi les personnes handicapées dans le secteur public (ouvriers qualifiés), contre 3 % chez les non-reconnus et un taux de 13 % au total contre 7 % pour les personnes n’ayant pas de reconnaissance (non qualifiés).
Cependant, un contraste important émerge.
Les cadres supérieurs et les professions intellectuelles restent largement sous-représentés, tant dans le public que dans le privé. Dans le secteur privé, seulement 4 % des personnes reconnues handicapées (RQTH) sont ingénieurs ou cadres techniques, contre 10 % de leurs collègues sans reconnaissance. De même, 4 % sont cadres administratifs ou commerciaux, contre 10 % pour les non-reconnus. Dans le secteur public, 4 % des personnes en situation de handicap avec reconnaissance (RQTH) sont cadres de la fonctions publics contre 8 % chez ceux sans reconnaissance, soit le double.
Un déséquilibre qui souligne la difficulté persistante d’inclure les personnes en situation de handicap dans les postes à haut niveau de responsabilité, souvent perçus comme moins accessibles ou nécessitant une forte adaptabilité.










