Le droit de visite est un droit fondamental, protégé par la loi, qui permet à chaque personne accueillie en établissement de maintenir des liens avec ses proches. Pour les personnes en situation de handicap, ce droit est essentiel à leur bien-être, leur inclusion et leur épanouissement. Voici un panorama complet de ce droit, de ses modalités et de ses limites.
Définition et enjeux du droit de visite
Le droit de visite désigne la possibilité pour un proche, un parent ou une personne désignée de rendre visite à une personne accueillie en établissement (IME, FAM, MAS, EHPAD, hôpital, etc.). Ce droit vise à préserver la vie familiale et sociale, à lutter contre l’isolement et à garantir le respect de la vie privée, conformément aux textes nationaux et internationaux.
Cadre légal et droits fondamentaux
En France, la loi renforce constamment le droit de visite. Depuis la loi sur la société du bien-vieillir adoptée en avril 2024, aucune visite ne peut être subordonnée à une information préalable de l’établissement, sauf si la personne accueillie en exprime le souhait. Le directeur ne peut s’opposer à une visite, sauf en cas de menace pour l’ordre public ou la santé du résident, des autres résidents ou du personnel. Cette décision doit être motivée et validée par un professionnel de santé.
Les établissements doivent garantir l’exercice du droit de visite chaque jour, à toute heure, même si des plages horaires peuvent être fixées dans le règlement intérieur pour des raisons d’organisation (par exemple, éviter les visites pendant les soins ou la toilette). L’interdiction de visites certains jours est illégale.
Droits et devoirs des visiteurs et des établissements
Le droit de visite s’applique sans limite d’âge : il concerne aussi bien les enfants que les adultes ou les personnes âgées. Pour les mineurs, il est exercé par les parents ou titulaires de l’autorité parentale. Pour les majeurs protégés, il peut être encadré par le juge des tutelles, mais ne peut être supprimé sans motif sérieux.
Les visiteurs doivent respecter le règlement intérieur de l’établissement et la vie collective. Les établissements, de leur côté, doivent proposer des aménagements adaptés aux personnes en situation de handicap (accès physique, communication, accompagnement) pour garantir l’effectivité du droit de visite.
Cas particuliers : droit de visite avec ou sans hébergement
Le droit de visite peut s’exercer de deux manières :
- Avec hébergement : certains établissements proposent des séjours à domicile ou des retours en famille, notamment pour les enfants ou les adultes dont l’état le permet.
- Sans hébergement : la visite se déroule sur place, dans l’établissement, sans obligation de passer la nuit.
Dans tous les cas, l’établissement doit veiller à adapter les conditions d’accueil pour garantir l’exercice effectif du droit de visite, en tenant compte des besoins spécifiques de chaque personne.
Restrictions et exceptions
Les restrictions au droit de visite sont strictement encadrées par la loi. Elles ne peuvent être que temporaires, motivées et proportionnées. Un refus de visite doit être notifié à la personne concernée et au résident, et sa durée ne peut excéder sept jours, renouvelable sous les mêmes conditions.
N’hésitez pas à consulter notre article sur les droits et les conséquences d’un divorce avec une personne handicapée.










