À l’occasion du lancement de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH), l’Ifop a réalisé pour LADAPT, l’Agefiph (partenaire d’Handinova) et le fiphfp une enquête : « Handicaps et emploi : l’égalité pour toutes et tous ! ».
L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de plus de 5 000 personnes en situation de handicap.
Nous revenons sur 4 points marquants de cette enquête sur l’emploi et l’évolution professionnelle.
1 . La déclaration RQTH fait encore l’objet de vraies méfiances de la part des candidats et salariés.
Avec une volonté de déclarer plutôt le plus tard possible.
36% des personnes en situation de handicap ne déclarent jamais leur handicap lors du processus de recrutement, un taux qui grimpe à 40% pour le handicap psychique.

2 . Partout où il y a un référent handicap, l’inclusion et les aménagements sont meilleurs
76% des collaborateurs dont l’organisation dispose d’un référent handicap ont des outils adaptés, contre 53% sans référent.
De plus, les cadres (75%) et les collaborateurs d’un employeur de plus de 250 collaborateurs (71%) disposent plus souvent d’outils adaptés, contre seulement 43% des ouvriers.
Ces écarts très importants dessinent une carte de l’inclusion où les employeurs avec un plus grand nombre de collaborateurs et plus structurés offrent des conditions correctes, tandis que les PME et les postes peu qualifiés cumulent les difficultés d’adaptation.
Le rôle de référent handicap est donc plus que nécessaire, tout comme sa généralisation dans les plus petites structures.
3 . Les personnes en situation de handicap sont plus vulnérables à la santé mentale que les autres
L’étude révèle que 58% des personnes en situation de handicap ne peuvent évoquer leur santé mentale sans redouter des conséquences négatives.
Les personnes handicapées évoluent dans un environnement professionnel marqué par l’insécurité : seulement 67% se sentent en sécurité pour signaler un problème sans crainte de représailles (vs 73% des collaborateurs).

Les personnes en situation de handicap ont une fragilité plus importante face à certaines difficultés de santé mentale, qu’il faut prendre en compte. Il ne s’agit pas seulement d’aménagement ou de compenser leur handicap, mais d’identifier ces fragilités et risques.
4 . Le système promotionnel est bridé
Comme l’indique l’IFOP dans son compte rendu : « 70% des personnes handicapées n’ont obtenu aucune promotion en 5 ans (vs 58% de l’échantillon représentatifs des collaborateurs français), une stagnation qui semble intériorisée dès la recherche d’emploi : seulement 56% accordent de l’importance aux perspectives d’évolution (vs 65% des collaborateurs).
Cette auto-censure s’explique par l’expérience vécue : 46% identifient les transitions professionnelles comme le moment où l’impact du handicap est le plus fort. Changer signifie perdre les aménagements acquis et recommencer le parcours d’adaptation, transformant toute mobilité en risque plutôt qu’en opportunité. »

Accéder à l’étude complète : https://www.agefiph.fr/sites/default/files/medias/fichiers/2025-11/LADAPT-Agefiph-FIPHFP_SEEPH-etude-egalite_2025-11.pdf
Voir l’infographie réalisée pour l’étude :









