Lorsqu’on s’intéresse au sport adapté au handicap, les premières activités que l’on trouve sont plutôt pensées pour les handicaps moteurs ou sensoriels. Si ces adaptations sont indispensables, on a tendance à oublier qu’il existe d’autres formes de handicaps qui ont aussi un impact sur la pratique sportive. C’est le cas du sport adapté au handicap mental, psychique ou cognitif.
Comprendre les freins rencontrés pour mieux les dépasser, découvrir des activités physiques adaptées et sportifs célèbres… Voici ce que cet article vous réserve !
Handicap mental, psychique ou cognitif : dépasser les freins à la pratique sportive
Chaque type de handicap est unique, et se déploie sous une multitude de formes, propres à chaque individu. Rien que pour une seule forme de handicap cognitif tels que les troubles du spectre autistique, les besoins peuvent être drastiquement différents d’une personne à l’autre. Cela peut être lié au degré d’autonomie de l’individu, ou à la manière dont le trouble se manifeste chez lui.
Ainsi, à chaque personne correspond une approche particulière du sport adapté !
Bien entendu, la meilleure manière de dépasser les difficultés auxquelles la personne en situation de handicap peut être confrontée est de se tourner vers un éducateur sportif formé à la question. Par exemple, les coachs spécialisés en handicap de ownsport.fr sont diplômés et se déplacent à domicile.
Bien qu’il y ait une multitude de déclinaisons du handicap mental, psychique et cognitif, quels sont les freins majoritairement rencontrés ? Éclaircir cette question est capital pour bien comprendre comment s’adapter !
Rendre accessible le sport, un univers de règles complexes
Trouble de l’attention, de la compréhension et de la mémorisation : voici quelques-uns des freins observés chez les personnes en situation de handicap mental d’après les chercheurs (en apprendre plus). Mais cela vaut également pour de nombreux handicaps cognitifs et psychiques. C’est le cas dans la maladie à corps de Lewy, dans celle d’Alzheimer ou encore dans certains cas de schizophrénie.
Or, le sport est un univers très codifié, par des règles et des objectifs pré-définis. Certaines activités reposent même sur l’esprit d’équipe et la coordination entre les joueurs. Des concepts parfois complexes à comprendre et à mettre en œuvre pour les personnes touchées par le handicap.
Pour dépasser ces difficultés, une véritable réflexion doit être menée dès le début de la pratique. Une bonne communication entre l’équipe médicale, le professeur de sport, et éventuellement la famille et/ou le sportif est essentielle. Cela permet de bien cibler les aptitudes et besoins du pratiquant, afin de proposer des versions adaptées des activités.
Bouger dans un espace perçu différemment
Dans ce type de handicaps, la perception de son propre corps et de ses limites dans l’espace peut être compliquée. L’environnement lui-même peut apparaître altéré, ce qui peut impacter les capacités à s’orienter et à se mouvoir de façon fluide. Cela peut aussi s’accompagner de sur-stimulis sensoriels, qui peuvent générer du stress chez la personne porteuse de handicap.
Tout ça est à considérer pour proposer un environnement d’entraînement adapté et sécurisé. Il en va de même pour le type d’activités proposées, qui devront à la fois correspondre aux limites et favoriser leur dépassement.
Mêler sportifs avec ou sans handicap : possible avec des adaptations !
Il y a deux approches du sport adapté au handicap : celui intégré (mêlant personnes porteuses de handicap et personnes non porteuses) ou dissocié (uniquement des handisportifs ou en solo). En vérité, cela dépend fortement du pratiquant, et du degré de handicap.
Si l’intégration peut avoir des atouts, elle n’est pas toujours possible et/ou pertinente. Parfois, elle permet de favoriser l’autonomie et l’insertion des personnes handicapées. Parfois, elle les freine dans la pratique, en n’offrant pas un cadre approprié.
Le plurihandicap : un challenge à ne pas négliger
Dans de nombreux handicaps mentaux, psychiques et cognitifs, d’autres types de troubles apparaissent. Ainsi, des altérations et déficiences psychomotrices et/ou sensorielles peuvent aussi être présentes. Le polyhandicap, qui combine déficience motrice et intellectuelle sévère, fait partie de ces handicaps multiples.
Là encore, un dialogue étroit entre l’ensemble des encadrants et des aidants est nécessaire. Un premier bilan des aptitudes physiques est également à effectuer.
Parfois, des problématiques de santé associées au handicap peuvent aussi générer des risques accrus de blessure ou de maladie. Par exemple, la moitié des personnes porteurs de la trisomie 21 souffrent d’une malformation cardiaque. Cela implique d’avoir des activités physiques d’intensité adaptée (modérée ou faible). Un bilan cardio-respiratoire, dans ce type de cas, est aussi prescrit avant toute pratique sportive !
Les sports adaptés au handicap mental, psychique ou cognitif
Il n’existe aucune liste exhaustive ou stricte de sports adaptés au handicap mental, psychique ou cognitif. En effet, une discipline donnée pourra très bien convenir à certains, et absolument pas à d’autres. Cela vaut pour les activités sportives que nous allons aborder ici. Cependant, si nous vous proposons ces exemples, c’est pour leurs qualités et leurs bienfaits chez de nombreux pratiquants.
– La natation : Nager permet de s’entretenir sur le plan cardiovasculaire et musculaire en douceur. C’est un excellent moyen de développer sa coordination et sa proprioception.
– La gymnastique : Équilibre, maîtrise et concentration sont indispensables pour la gymnastique. C’est idéal pour entretenir sa souplesse et sa mobilité, tout en développant sa conscience corporelle.
– L’équitation : La présence du cheval peut s’avérer extrêmement bénéfique chez les personnes porteuses de handicap. Si certains s’en désintéresseront totalement, voire le rejetteront, d’autres vont au contraire être très enthousiasmés par cet échange avec l’animal. Des émotions très positives, qui vont l’aider à pratiquer une activité physique régulière, excellente pour la posture, le renforcement des muscles et le développement sensoriel.
– La marche : Facile à mettre en place, la marche peut se faire dans toutes sortes d’environnements extérieurs. Cela permet de cibler des lieux qui correspondent aux limites physiques, cognitives, mentales et psychiques. Marcher permet de profiter de bienfaits du plein air et de nombreux stimulus intéressants, tout en entretenant la forme physique.
– La danse : L’expression corporelle est au cœur de la danse. Mettant le corps en mouvement, il favorise également la confiance en soi. Ce peut aussi être un espace de sociabilisation, en particulier dans les chorégraphies de groupe.
6 sportifs connus porteurs de handicap mental, psychique ou cognitif
– Chris Nikic : Ce sportif américain a été la première personne porteur de trisomie 21 à terminer l’exigeante épreuve Ironman de triathlon ! Un exploit, qu’il a renouvelé à deux reprises.
– Gloria Agblemagnon : Médaillée d’argent aux derniers Jeux Paralympiques, cette athlète française atteinte de handicap mental est spécialisée dans le lancer de poids. Depuis 2014, elle termine régulièrement dans le top 3 de nombreuses épreuves européennes et internationales.
– Michael Brannigan : Ce jeune athlète concourant aux épreuves du 1500m et médaillé d’or aux Jeux Paralympiques de 2016 aurait pu abandonner son projet de devenir sportif. En effet, il a été rejeté des épreuves universitaires du fait de son autisme. Mais cela ne l’a pas arrêté pour autant et il est depuis devenu une figure reconnu du haut niveau dans sa discipline !
– Breanna Clark : Coureuse du 400m, cette américaine a un impressionnant palmarès, avec pas moins de 5 médailles d’or en 6 ans ! Également porteuse d’un trouble du spectre autistique, elle a principalement été entraînée par sa mère.
– Charles-Antoine Kouakou : Relayeur de la flamme paralympique en 2024, ce sportif de haut niveau atteint de déficience intellectuelle a de quoi être fier. Ayant découvert l’athlétisme à 13 ans dans son IME (Institut Médico-Éducatif), il ne l’a plus quitté depuis !
– Travis Gerrits : Si ce skieur acrobatique canadien professionnel ne concourt pas aux épreuves handi, il parle régulièrement du trouble bipolaire qui l’affecte. Ce dernier entraîne des fluctuations dans ses performances, qui ne l’empêchent pas d’être reconnu dans sa discipline.










