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Mathilde Cabanis : Un parcours tourné vers les autres en toutes circonstances

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Mathilde Cabanis est une jeune travailleuse de 24 ans. Victime d’un AVC pendant ses études, partiellement paralysée, elle a néanmoins réussi à mener études, puis carrière d’une main de maître.

 

Mathilde est une jeune femme énergique et tonique de 24 ans. Étudiante à l’École Supérieure de Commerce de La Rochelle, elle est partie en 2011 à Katmandou au Népal pour une mission humanitaire. Elle y a fait un AVC au bout d’un mois et a du être rapatriée d’urgence fin juin 2011. Elle a alors fait un mois de rééducation à Beaulieu à Rennes et a récupéré une bonne partie de la mobilité de son côté gauche. On lui a alors découvert un cavenum (malformation vasculaire de naissance dans le cerveau), sans doute à l’origine de l’AVC.

 

En septembre 2011, elle a pu reprendre ses études en 2ème année en même temps que ses amis, ainsi que son poste au bureau des sports. L’année a été très intense entre les cours, les évènements à organiser pour l’association, et ses problèmes de santé. En effet, tout le long de l’année, elle a refait de petits AVC, qui lui ont fait perdre la sensibilité de son bras gauche. Elle a été opérée une première fois à Lille au laser pour essayer de détruire cette malformation, mais l’opération n’a pas eu l’effet escompté, et le cavenum a commencé à grossir. Ce qui n’a pas empêché Mathilde de partir en mai 2012 en stage à Paris pour 6 mois au sein d’une agence évènementielle. Elle y a beaucoup appris, « une expérience professionnelle très enrichissante ! » se réjouit-elle.





En septembre 2012, elle a dû aller en urgence voir son neurochirurgien à Rennes, car elle sentait qu’il se passait quelque chose. En effet, le cavenum était passé de 3 mm à 3cm, rendant une opération indispensable. « Les risques de perdre la vue de l’œil gauche, de ne plus jamais pouvoir marcher ou de perdre la totalité de l’usage de ma main gauche étaient réels. C’était donc avec angoisse que j’attendais que l’opération ait lieu ». Heureusement elle a été très entourée par ses amis et sa famille durant toute cette période. Opérée en décembre 2012, elle a ensuite passé 6 mois au centre de rééducation de Beaulieu, à Rennes, jusqu’en juin 2013. Elle y a retrouvé la kiné qui s’était occupée d’elle à sa première visite. Ravie de son séjour, Mathilde loue l’équipe de soins : « L’équipe médicale de ce centre est vraiment à l’écoute et très compétente ». Elle a beaucoup travaillé pour retrouver un maximum d’autonomie. « Cette période a été très difficile à vivre car, en plus, j’avais trouvé un stage de 6 mois à Dublin. Tous mes amis étaient à l’étranger pour leur stage. Je voyais leurs photos sur Facebook et je n’avais qu’une envie, sortir au plus vite de cette bulle ». Mathilde espérait que son séjour ne durerait qu’un mois, comme la première fois, et en fait il en a fallu trois, au bout desquels elle a pu prendre le train seule pour aller voir son copain en Belgique, où il faisait son stage. « C’était déjà un grand plaisir de pouvoir voyager seule, bien que mes parents soient très angoissés à l’idée de me laisser partir. »





 

Pendant toute cette période elle est retournée vivre chez ses parents. « C’était très frustrant d’avoir l’impression de retourner à l’âge de 15 ans, quand on doit demander la permission pour tout ! ». Mais elle ne se plaint pas, car sa famille a été aux petits soins, respectant sa volonté de retrouver son autonomie. « Je savais qu’ils voulaient toujours m’aider et faire à ma place, mais ce n’était pas me rendre service ! ». Dès qu’elle a pu récupérer son permis et utiliser une voiture, adaptée, sa famille a fêté l’évènement. 

 

Elle a depuis décembre 2012 une hémiplégie gauche qui ne touche que sa main et ses orteils. Sa main n’est pas très fonctionnelle, mais elle se rééduque seule. « Je fais tout pour l’impliquer au maximum dans ma vie au quotidien afin qu’elle soit sollicitée tous les jours ». Son handicap affecte assez peu sa vie quotidienne, explique-t-elle, en ajoutant avec un rire : « J’ai en quelque sorte oublié comment on vit avec deux mains. Je peux tout faire, mais certains gestes me prennent un peu plus de temps qu’avant : faire des lacets, ouvrir une bouteille d’eau… ».





 

Un emploi dans le domaine du handicap 

Chargée de Développement Vie étudiante et Insertion Professionnelle auprès de la FÉDÉEH (Fédération Étudiante pour une Dynamique Études et Emploi avec un Handicap), elle vit en colocation avec trois amies, Margaux, Marine et Salomé dans un grand appartement à Paris. La crémaillère a eu lieu en avril dernier et a réuni près d’une cinquantaine de personnes qui y ont dansé et ri une bonne partie de la nuit.

Aujourd’hui, Mathilde aimerait continuer à s’investir au sein de la FÉDÉEH afin d’acquérir de l’expérience professionnelle et mieux connaître le monde du handicap. D’ici quelques années, elle aimerait travailler comme chargée de mission handicap au sein d’une entreprise ou d’une école (ou université).

 

Très voyageuse depuis toujours, Mathilde projette de partir en Grèce cet été avec une amie. Malgré tout ce qui lui est arrivé, Mathilde reste positive : « Je n’arrive pas à considérer ces années comme les pires de ma vie. Au contraire, elles font partie des meilleures. J’ai été diplômée, j’ai un travail que j’adore, je suis entourée de famille et d’amis. Même si je ne suis plus aujourd’hui avec mon copain, il a été pour moi un pilier dans cette période et a contribué à la rendre meilleure ».





Désormais considérée comme une personne handicapée, Mathilde ne se voit pas comme telle. Les personnes handicapées la voient comme valide. « Je pense que le fait d’avoir accepté ma nouvelle situation et de ne pas m’apitoyer sur mon sort est une force qui me permet d’être acceptée telle que je suis ».

 

Caroline Lhomme

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