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Reconnaître le handicap psychique en milieu professionnel : un enjeu sous-estimé

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Les troubles psychiques touchent un nombre croissant d’actifs, mais peinent encore à être reconnus comme un handicap en milieu professionnel. L’Observatoire de l’Agefiph, d’avril 2025, dresse un panorama de la santé mentale et de l’emploi, pour comprendre la situation des personnes en situation de handicap.

Le handicap psychique encore peu déclaré

Bien que les troubles psychiques soient aujourd’hui la troisième cause de reconnaissance administrative du handicap, leur visibilité au sein des entreprises reste faible. Selon les données de l’Agefiph, seuls 37 % des demandeurs d’emploi en situation de handicap psychique déclarent spontanément leur handicap lors des démarches d’insertion professionnelle. Cette sous-déclaration traduit un manque de reconnaissance, souvent lié à des craintes de stigmatisation ou à l’idée que ces troubles ne relèvent pas d’un « handicap légitime ».

L’entreprise apparaît alors comme un espace où la santé mentale demeure peu nommée, peu comprise, voire taboue. Cette invisibilité institutionnelle nuit à l’identification des besoins spécifiques, à la mise en œuvre des aménagements raisonnables, et à la sécurisation des parcours professionnels.

Des effets concrets sur l’accès et le maintien dans l’emploi

Le faible niveau de reconnaissance du handicap psychique a des conséquences directes sur les trajectoires professionnelles. Les personnes concernées connaissent des taux de chômage et de précarité plus élevés que les autres travailleurs handicapés. En 2024, le taux de chômage des personnes en situation de handicap psychique atteignait 18 %, contre 12 % pour l’ensemble des personnes reconnues comme travailleurs handicapés, selon l’Observatoire.





Le maintien en emploi est également fragilisé. En l’absence d’identification claire du handicap, les difficultés rencontrées au travail sont souvent interprétées comme un manque d’implication ou un défaut de compétence. Cette méconnaissance conduit à des ruptures de contrat évitables et à un isolement accru des personnes concernées.

Une approche médicalisée à dépasser

L’un des constats centraux de l’étude est la persistance d’une approche centrée sur la pathologie plutôt que sur les conséquences concrètes du trouble sur l’activité professionnelle. Cette logique médicale freine les échanges entre salariés et employeurs, qui peuvent redouter une exposition excessive de leur intimité ou des jugements stigmatisants.

L’Observatoire recommande un changement de représentation du handicap psychique, en privilégiant une reconnaissance fonctionnelle du handicap psychique. Il ne s’agit pas de connaître la nature exacte du trouble, mais de comprendre ses effets sur la capacité à travailler : concentration, gestion du stress, rythme, relation aux autres, etc. Ce type d’approche permet de mieux adapter les postes de travail, sans porter atteinte à la vie privée des salariés.

Une parole difficile à libérer

Parler de son trouble psychique au travail reste une démarche difficile. Le climat de confiance nécessaire pour aborder ces sujets fait souvent défaut. L’enquête révèle que près des deux tiers des salariés concernés ne se sentent pas à l’aise pour évoquer leur situation avec leur hiérarchie directe. Les facteurs culturels, les représentations sociales négatives liées aux maladies mentales et la peur de conséquences professionnelles négatives alimentent ce silence.





Cette autocensure limite fortement le recours aux dispositifs de soutien existants. De nombreux salariés ignorent qu’ils pourraient bénéficier d’un accompagnement, sans avoir à exposer leur diagnostic, simplement en exprimant des besoins professionnels spécifiques.

Des dispositifs d’accompagnement peu utilisés

L’étude souligne que les outils de compensation du handicap sont encore peu mobilisés dans le cadre des troubles psychiques. Cela tient autant à un déficit de connaissance qu’à un manque de formation des acteurs Ressources Humaines (RH) et managériaux. Seuls 14 % des salariés en situation de handicap psychique déclarent avoir bénéficié d’un aménagement spécifique, ce qui reste nettement en deçà des besoins réels.

La formation et la sensibilisation apparaissent comme des leviers importants. Il ne s’agit pas d’imposer un traitement différencié, mais de créer les conditions pour que la parole soit possible, les besoins entendus, et les réponses construites de manière partagée et proportionnée.

L’observatoire de l’Agefiph est disponible ici :

A lire également : Ces personnalités ont brisé le silence sur leur santé mentale… Le saviez-vous ?

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