La bonne santé bucco-dentaire est parfois difficile pour les personnes en situation de handicap. Les obstacles rencontrés sont multiples : difficultés motrices, troubles de la communication, accès physique au cabinet, appréhension de l’acte médical ou encore manque d’information chez les professionnels et les familles.
Pourtant, de réels progrès ont été accomplis ces dernières années pour adapter la pratique des dentistes au public en situation de handicap et garantir à chacun une santé bucco-dentaire digne.
Comprendre les freins de l’accès aux soins
Les études rapportent que près de 90 % des personnes handicapées souffrent de problèmes parodontaux, contre 35 % de la population générale.
Chez les enfants porteurs de handicap, le risque de carie est multiplié par quatre. Les causes sont connues : obstacles physiques (fauteuil ou mobilité réduite), problèmes de compréhension et d’expression, besoins en sédation, locaux inadaptés, stress et difficultés pour les dentistes à adapter leur pratique. Pour les aidants, le parcours relève trop souvent du “parcours du combattant” : prise de rendez-vous compliquée, temps d’attente rallongé en structures hospitalières, nécessité d’organiser des déplacements, et parfois nécessité de recourir à l’hospitalisation pour les soins courants, faute d’alternatives en cabinet de ville. Consultez cette page pour en savoir plus.
Pratiques récentes pour faciliter la prise en charge
Face à ces réalités, des acteurs du secteur ont développé plusieurs approches innovantes :
Majoration de l’acte de soins : Depuis 2019, une majoration est remboursée par l’Assurance Maladie pour chaque séance de soins aux patients porteurs de handicap lourd. Cela reconnaît le temps supplémentaire nécessaire et encourage les praticiens à investir dans cette démarche.
Déplacements à domicile ou en établissement : Certains dentistes se déplacent directement en EHPAD ou dans les établissements spécialisés. Cette adaptation réduit le stress et améliore la continuité des soins. n’hésitez pas à les solliciter.
Par ailleurs, des réseaux comme Handident ou Rhapsod’if accompagnent familles, aidants et professionnels pour orienter les patients vers des cabinets adaptés, former les équipes et mutualiser les compétences.
Notez également que de nombreux dentistes proposent une première consultation d’apprivoisement : certains rencontrent le patient en dehors du fauteuil, adaptent le parcours (attente réduite, contacts réguliers), ou créent un environnement rassurant (écrans de distraction, présence de proches, adaptation du rythme de soin).
L’aidant a un rôle central
Pour accompagner efficacement son proche, l’aidant doit dans la mesure du possible :
Préparer la visite (informer le dentiste du handicap, des habitudes ou anxiétés particulières)
Favoriser une relation de confiance (valoriser la régularité, rassurer sur le déroulé)
Se coordonner avec les réseaux locaux et les associations pour trouver la structure ou le professionnel le plus adapté
Sensibiliser la personne accompagnée à l’importance de l’hygiène bucco-dentaire, si possible
Maintenir un suivi régulier, même quand l’état général semble bon : beaucoup de complications bucco-dentaires passent inaperçues et peuvent avoir de graves conséquences (infections, douleurs, troubles alimentaires…).
Evolution des mentalités et formation des équipes
Aujourd’hui, les réseaux et associations médico-sociales militent pour la formation des dentistes à l’accueil et à la prise en charge des publics handicapés. L’inclusion passe par la personnalisation : s’adapter au rythme du patient, optimiser le temps passé au fauteuil, favoriser l’accompagnement des proches et privilégier l’écoute plutôt que la performance pure. Certains cabinets instaurent des “référents parcours” pour chaque patient afin d’améliorer le suivi et la coordination, facilitant ainsi la continuité de l’accompagnement y compris en cas de changement de praticien ou d’établissement.
Les aidants peuvent adopter quelques bonnes pratiques : prioriser les cabinets labellisés ou engagés dans des réseaux handicap, anticiper le temps nécessaire pour une adaptation progressive à l’environnement de soin, communiquer régulièrement avec l’équipe soignante et signaler tout changement dans l’état de santé ou le comportement buccal. Et enfin, se renseigner sur les aides financières ou les dispositifs spécifiques liés au handicap (AEEH, PCH, hospitalisation programmée…).










