Le secteur du sport en France est en pleine dynamique de croissance. Et pourtant, malgré ses opportunités nombreuses et sa diversité de métiers, les personnes en situation de handicap (PSH) restent encore sous-représentées dans ces carrières.
Comment les inclure davantage ? Quels sont les métiers compatibles avec différents types de handicap ? Et quelles entreprises s’engagent ? Décryptage.
Le sport en France représente un poids économique significatif. En 2022, le secteur représentait près de 450 000 emplois selon le tableau de bord des chiffres clés du sport 2023 publié par L’INSEJ (c’est quoi ?). Le nombre de postes salariés dans le sport privé a bondit de plus de 66 % entre 2006 et 2022. Pourtant, l’insertion des personnes en situation de handicap y demeure fragile.
Malgré la couverture médiatique importante du handisport et des athlètes paralympiques, notamment pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, l’accès aux formations, aux clubs ou aux postes à responsabilité reste difficile. Plusieurs obstacles persistent, comme l’accessibilité limitée des infrastructures, les représentations figées, ou l’insuffisance de formations dédiées et appellent à des ajustements concrets.
Les handicaps les plus compatibles avec le secteur du sport
Tous les types de handicaps trouvent leur place dans le secteur sportif, sous réserve d’aménagements individualisés. Les handicaps moteurs sont particulièrement représentés dans l’encadrement de disciplines adaptées comme le basket-fauteuil ou le tennis-fauteuil, tandis que les handicaps sensoriels (déficience visuelle ou auditive) peuvent évoluer dans des environnements adaptés, avec des outils de communication ou de signalétique spécifiques (langue des signes, guidage tactile).
Pour les personnes avec un handicap psychique ou cognitif, des missions structurées et bien encadrées, comme l’animation sportive ou la médiation par le sport, peuvent offrir des cadres professionnels favorables.
Des métiers diversifiés, de l’encadrement à l’innovation
Le sport offre une palette de métiers accessibles, bien au-delà des rôles techniques. Le secteur est vaste et peut inclure aussi bien des postes sur le terrain que des rôles de coordination, d’organisation ou de soutien. Les éducateurs sportifs spécialisés dans le handisport ou les activités adaptées sont en première ligne, tout comme les chargés de mission inclusion qui œuvrent au sein des fédérations pour promouvoir l’accessibilité.
Le coaching sportif, tout comme la préparation physique ou le conseil en nutrition, sont également des voies de plus en plus prisées par des profils en situation de handicap, lorsque des aménagements sont possibles.
Même chose pour les métiers du numérique (data analystes sportifs) et de la gestion d’équipements (logistique, accessibilité) qui attirent également des profils de personnes en situation de handicap psychique ou cognitif. L’émergence de l’e-sport et des stratégies Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) dans les clubs professionnels ouvre de nouvelles voies, moins dépendantes des contraintes physiques.
Les spécificités du statut d’athlète handisport
Au-delà des métiers du sport en tant que tels, la pratique sportive de haut niveau peut, elle aussi, devenir un métier. Être athlète handisport professionnel est aujourd’hui reconnu comme une activité à part entière, notamment lorsqu’elle s’inscrit dans un cadre de performance internationale.
En France, les athlètes paralympiques peuvent obtenir le statut de sportif de haut niveau via une inscription officielle sur les listes du ministère des Sports. Ce statut ouvre l’accès à des aides financières, à des conventions avec des employeurs publics ou parapublics (comme la SNCF ou la Gendarmerie) et à un accompagnement dans la construction d’un double projet, à la fois dans une carrière sportive et une reconversion professionnelle.
Toutefois, tous les athlètes handisport ne peuvent pas vivre de leur discipline. Nombreux sont ceux qui cumulent leur activité avec une autre profession ou des interventions ponctuelles (conférences, missions associatives, formations), faute de soutien financier suffisant. En grande majorité, ils dépendent de l’Allocation Adulte Handicapé (AAH) ou de sponsors ponctuels.
Des dispositifs comme les Conventions d’Insertion Professionnelle (CIP) permettent néanmoins de concilier carrière sportive et activité professionnelle, tandis que les primes paralympiques récompensent les performances internationales sans assurer une stabilité financière.
Consultez aussi notre article pour tout savoir sur le sport adapté.
Formations et accompagnements : un écosystème en développement
Les formations dans le secteur du sport sont multiples, à l’image des diplômes tels que le comme le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (BPJEPS), le Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport (DEJPS) ou encore le Diplôme d’État Supérieur de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (DESJEPS). Ces diplômes sont ouverts aux personnes en situation de handicap, sous condition d’adaptations pédagogiques.
Retrouvez plus d’informations sur la manière de se former au sport handicap.
Le programme Club inclusif, lancé en décembre 2022 par le Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF) avec le soutien de l’État et des fédérations françaises Handisport et Sport Adapté, vise à favoriser l’accès au sport des personnes en situation de handicap. Avec plus de 2 000 clubs déjà sensibilisés et un objectif ambitieux d’en former 3 000 d’ici fin 2024, ce dispositif constitue un héritage fort des Jeux Paralympiques de Paris 2024.
Parallèlement, certaines plateformes comme HandiMOOC, plateforme en ligne gratuite ouvertes au personnes en situation de handicap ou des fédérations comme la Fédération Française Handisport (FFH), proposent des modules d’orientation, des stages de découverte et des dispositifs d’appui à l’insertion professionnelle. Dans une dynamique d’accompagner la montée en compétences tout en levant les freins culturels ou matériels qui entravent encore l’entrée dans le secteur.
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Initiatives inspirantes : quand le sport devient un levier d’inclusion
Parmi les organisations qui se démarquent par leur engagement en faveur de l’inclusion dans le monde du sport, l’enseigne d’équipements sportifs française Decathlon agit à plusieurs niveaux en développant du matériel accessible, en recrutant des personnes en situation de handicap et en favorisant leur intégration dans les équipes. Plus d’informations sur le recrutement de Decathlon en matière de handicap.
L’enseigne JD Sports recrute et s’engage pour l’inclusion des personnes en situation de handicap en France, en mettant en place des actions concrètes pour favoriser leur recrutement et leur intégration dans le secteur du sport.
Quant à elle, la Fondation Fitness Park, créée en 2021, agit pour rendre le sport accessible à tous, en particulier aux personnes en situation de vulnérabilité, en favorisant leur reconstruction, bien-être et insertion sociale par le biais du sport.
Enfin, les Groupements d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification (GEIQ) spécialisés dans le sport et les loisirs proposent des parcours d’insertion professionnelle de 6 à 24 mois, combinant formation qualifiante et mise en pratique en entreprise. Ces structures, pilotées par des associations ou des fédérations, ciblent les personnes éloignées de l’emploi, y compris les travailleurs handicapés, via des
contrats d’apprentissage ou de professionnalisation. En savoir plus sur les entreprises adhérentes aux GEIC.










