Depuis 2005, les entreprises françaises doivent compter au moins 6% de collaborateurs handicapés dans leurs équipes. Un quota très difficile à respecter, car le volontarisme seul ne suffit pas pour régler la question. Pour être traitée efficacement, la question du handicap doit être posée dans toutes ses composantes. C’est tout le sens de la démarche de Société Générale, qui met l’accent sur une politique de recrutement durable des personnes handicapées.
Bernard Cauchy, responsable de la Mission Handicap du Groupe, répond à nos questions.
En quelques mots, le rôle de la Mission Handicap au sein de Société Générale ?
En mai 2007, nous avons conclu avec les partenaires sociaux un accord ambitieux pour une période de quatre ans. Il prévoit un effort conséquent pour le recrutement et l’intégration, mais s’engage également sur d’autres aspects tout aussi essentiels de la question du handicap. Notre Mission Handicap veille au respect des dispositions de l’accord d’entreprise et en contrôle l’application sur le terrain. Au programme : les investissements nécessaires pour faciliter l’accessibilité aux lieux et aux postes de travail, la mise en place de solutions permettant le maintien dans l’emploi, des programmes de sensibilisation et de formation des cadres, mais aussi la formation des collaborateurs handicapés, des mesures d’accompagnement pour les collaborateurs affectés par le handicap d’un de leurs proches…
Bientôt deux ans que la Mission Handicap met en œuvre les dispositions de l’accord signé le 4 mai 2007. Quel bilan faites-vous à mi-parcours des actions conduites ?
En termes de recrutement, nous avons pris des engagements chiffrés que nous dépasserons sans doute, et ce malgré la crise économique. Nous en étions à 110 recrutées fi n 2008, auxquelles
s’ajouteront au moins 60 personnes supplémentaires cette année. Nous sommes donc en avance sur notre programme, qui prévoit 160 recrutements sur quatre ans. Mais au-delà, je note une réelle évolution des mentalités au sein de notre Groupe. A cet égard, je suis particulièrement satisfait des nombreuses actions de sensibilisation conduites auprès de nos managers, qui commencent à porter leurs fruits.
Le regard des collaborateurs évolue-t-il également sur cette question ?
Indéniablement. Petit à petit, chacun commence à comprendre que la question du handicap se pose à nous tous, que nos regards doivent changer, que nos préjugés doivent disparaître. Notre banque compte environ 2 500 collaborateurs atteints d’un handicap. Il faut aller au-delà de ce chiffre, mais surtout faire en sorte que ces personnes vivent pleinement leur vie professionnelle avec les mêmes opportunités, les mêmes garanties et les mêmes perspectives que leurs collègues valides. Pour atteindre cet objectif, il reste beaucoup de chemin à faire…
Tous les postes de Société Générale sont-ils ouverts aux personnes handicapées ?
Evidemment ! A condition bien sûr qu’elles répondent aux conditions requises en termes de compétences. Et c’est la que le bât blesse : 80 % de ces personnes n’ont pas pu faire d’études supérieures, alors que nous recrutons à partir d’un niveau bac + 2 minimum. La solution ? Refuser une discrimination du handicap « par le diplôme ». En d’autres termes, nous considérons qu’il est de notre devoir de faire un effort particulier pour aider ces personnes à se former. C’est pourquoi nous conduisons un certain nombre d’actions visant à faciliter l’intégration des jeunes dans les filières secondaires et supérieures de l’enseignement.
Faciliter l’accès des jeunes aux formations supérieures, c’est bien, mais l’incidence sur les recrutements ne sera pas immédiate…
Bien sûr. Mais il est essentiel de comprendre que la question de l’intégration professionnelle des handicapés n’est pas seulement un problème de pourcentage. C’est une action de long terme, un combat citoyen dans lequel nous nous devons de donner l’exemple.
Bernard Cauchy,
responsable de la Mission Handicap du Groupe
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