Le vent mordant de Tignes balayait les sommets lorsque les premiers athlètes se sont élancés sur les pistes. Du 30 mars au 5 avril 2025, la station savoyarde a vibré au rythme du Championnat du Monde Virtus de ski adapté, un rendez-vous incontournable pour les skieurs en situation de handicap intellectuel.
Pendant une semaine, les athlètes venus des quatre coins du monde ont repoussé leurs limites sous les yeux d’un public conquis.
Retour sur cet évènement, soutenu par la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui était aussi l’occasion de préparer les futures épreuves des Jeux Paralympiques d’Hiver en 2030.
Perchés entre 1 550 et 3 456 mètres d’altitude sur les pistes enneigées du Stade de Logan, les 54 skieurs et skieuses issus de 11 délégations venus du monde entier ont rivalisé d’audace et de technicité. Organisés par la Fédération Internationale Virtus, ces championnats visaient à promouvoir le para ski adapté, discipline dédiée aux sportifs ayant une déficience intellectuelle, des troubles du spectre autistique ou un sur-handicap.
La cérémonie d’ouverture, qui s’est tenue le lundi 31 mars dans l’auditorium de Tignespace, a donné le coup d’envoi d’une semaine riche en émotions.
Durant toute la semaine, les quatre épreuves du programme (Super-G, slalom géant, slalom classique et combiné) se sont succédées dans des conditions idéales avec un ciel bleu et une neige parfaite. La piste homologuée par la Fédération Internationale de Ski et de Snowboard (FIS) a offert un cadre idéal pour des épreuves de haut niveau. Derrière cette réussite, la mobilisation des bénévoles a joué un rôle clé : orientation des spectateurs, distribution des dossards, chronométrage des courses…

Un événement fédérateur soutenu par la région
La région Auvergne-Rhône-Alpes, partenaire majeur des championnats du monde de ski adapté, a apporté son soutien financier à l’organisation. La mise en place de bus a grandement facilité le transport du public, en particulier des enfants venus d’écoles. Ces derniers ont ainsi pu se rendre à l’événement et encourager les sportifs.
Au-delà des performances sportives, l’événement a été marqué par une atmosphère conviviale et solidaire. « Tout le monde se congratule et on va féliciter le vainqueur même si on a une médaille d’argent », témoigne Carole Saindeff, conseillère nationale à la FFSA et en charge de la coordination du Pôle France et équipe de France de para ski alpin adapté. Des moments empreints de bienveillance qui illustrent l’esprit du sport adapté : compétitif mais avant tout humain, célébrant les efforts et les réussites de chacun.
Les bleus sur tous les fronts
L’équipe de France avait fait le déplacement avec une délégation ambitieuse, prête à briller sur ses terres. Composée de huit athlètes venus des quatre coins du pays, elle a su se hisser parmi les meilleures nations présentes. Parmi eux, Mélanie De Bona, déficiente intellectuelle (II1) originaire des Alpes-Maritimes et seule femme de l’équipe ou encore Thomas Girard, déficient intellectuel (II1) venu du Jura, spécialiste du slalom géant.

Le parcours d’Axel Bringdal sur ces championnats du monde mérite un focus particulier. À seulement 15 ans, ce jeune skieur autiste sans déficience intellectuelle (II3) a marqué les esprits. Il est l’athlète français le plus décoré d’or sur ces mondiaux, après à avoir décroché trois titres sur les épreuves du super G, du slalom et du combiné.
Les Tricolores avaient à cœur de défendre leur statut de favoris et ils n’ont pas déçu, tant la concurrence était rude. Avec un total de 16 médailles récoltées, (5 en or, 7 en argent et 4 en bronze) la délégation française a signé une très belle performance, se classant à la deuxième place au tableau général des nations, derrière l’Autriche et ses 6 médailles d’or.

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Tignes, rampe de lancement vers l’horizon 2030
À cinq ans des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030, qui se tiendront en France, ces championnats du monde représentaient une étape clé pour les athlètes en quête d’une reconnaissance accrue. Cette compétition a permis à certains talents d’émerger et à d’autres de consolider leur statut de favoris pour les futures échéances.

Avec un public au rendez-vous et une organisation irréprochable, les Championnats du monde Virtus 2025 ont envoyé un message fort en faveur de la légitimité et la reconnaissance de la discipline : « 2030 c’est une perspective qui n’est pas assurée et qui reste un rêve pour beaucoup », souligne Carole Saindeff.
Actuellement, le sport adapté ne fait pas partie intégrante des Jeux Paralympiques. À Paris 2024, seules trois disciplines adaptées étaient représentées, à savoir l’athlétisme, la natation et le tennis de table : “Nous travaillons activement pour la réintégration de ces sportifs sur les Jeux Paralympiques« , affirme Carole Saindeff.
Pour rappel, le sport adapté n’avait plus figuré aux Jeux Paralympiques d’été de Athènes en 2004 et Pékin en 2008, en raison d’un scandale de triche d’une équipe de basketball espagnole lors des Jeux de Sydney en 2000. Il a été partiellement réintégré aux Jeux Paralympiques de Londres en 2012. Quant au skieurs en Sport Adapté, ils n’ont pas été réintégrés aux Jeux Paralympiques d’hiver depuis l’édition de 1998 à Nagano (Japon).
En attendant, la saison continue pour les athlètes tricolores, qui auront à cœur de prouver qu’ils méritent leurs places aux Jeux Olympiques de 2030 dont ils rêvent tous de participer.










