Après plusieurs mois de recherche et développement, l’Entreprise Adaptée Arceau Anjou lançait officiellement le 10 avril, la première machine de lavage et désinfection de chariots de supermarchés. Cette invention vient d’être récompensée par le 2e prix du concours Lépine 2013.
Avec plusieurs millions de chariots et paniers de grandes surfaces en France, les perspectives sont nombreuses. Car s’il leur arrive d’être lavés, aucun d’entre eux n’est pour l’instant désinfecté. Cette machine, créée par l’Entreprise Adaptée Arceau Anjou, membre de la Mutualité Française Anjou Mayenne, œuvrera donc à des conditions d’hygiène améliorées pour la sécurité et le bien-être des consommateurs sur le plan sanitaire, tout en respectant l’environnement grâce à une consommation d’eau maîtrisée et à un produit de lavage respectueux de l’environnement.
Au-delà de son aspect sanitaire, Clean’n Shop œuvre à l’insertion des personnes en situation de handicap dans le milieu ordinaire, avec une démarche de développement durable.
« Notre mission de base, en tant qu’Entreprise Adaptée, est d’intégrer notre personnel en situation de handicap dans les entreprises ordinaires et de valoriser ces salariés par le travail. Nous détenions une expertise en lavage de bacs pour l’industrie et recherchions des axes de développement pour contrer la baisse d’activité vécue par l’ensemble du milieu de la sous-traitance. Il nous fallait pour cela développer notre propre produit», explique Hugues Titard, Directeur de l’EA Arceau Anjou.
Ainsi germe l’idée de créer une machine. Mais pour laver quoi ? C’est au cours d’un déjeuner avec Luc Germond, dirigeant de deux magasins Super U dans le Maine-et-Loire, au cours de l’été 2012, que l’idée se précise. Celui-ci cherche à faire laver les chariots de ses supermarchés. La difficulté : seules quelques dizaines peuvent être lavées à chaque fois pour ne pas déposséder les enseignes de leurs chariots. Comment donc remédier à cela ? Il faudrait qu’ils puissent être lavés sur site ! Octobre 2012, l’idée est trouvée. Reste à concrétiser les choses en produisant la machine.
Après seulement 6 mois de recherche et développement, entièrement financée par Créavenir, association du Crédit Mutuel, la machine voit le jour le 10 avril 2013. C’est à Asthéo, bureau d’études œuvrant notamment dans l’automobile, l’agroalimentaire et l’aéronautique, client de l’EA Arceau Anjou que l’on doit la conception.
Un pari réussi avec le développement de ce nouveau projet dont le respect de l’environnement est l’une des composantes phare. Le produit de lavage, normé et reconnu par le Ministère de l’agriculture, a été spécifiquement choisi en ce sens. La consommation d’eau nécessaire au lavage ne dépasse, quant à elle, pas les 100 litres d’eau pour 150 chariots, soit moins de 70 cl par chariot !
Pour les enseignes, les avantages sont donc considérables. Les chariots sont lavés et désinfectés sur site, avec une machine totalement autonome en eau et qui ne nécessite aucun branchement. Faisant intervenir exclusivement des personnes en situation de handicap, la machine s’intègre par ailleurs pleinement à une démarche de RSE pour les enseignes soucieuses de la diversité dans leurs structures.
C’est cependant certainement pour les consommateurs que les bénéfices sont les plus significatifs. En effet, suite à une étude menée par Anjou Laboratoire, laboratoire d’analyse du Conseil Général du Maine-et-Loire, il ressort que la machine élimine en moyenne 93% des germes contenus initialement par les chariots, soit un processus de lavage et de désinfection qui parvient à supprimer plus de 80 bactéries présentes en moyenne sur chaque chariot de supermarché.
Pour assurer cette prestation de service d’utilité publique sur toute la France, Arceau Anjou met en place un système de franchise permettant à toutes les Entreprises Adaptées de l’Hexagone de louer la machine pour nettoyer et désinfecter les chariots de leur région. « Les machines seront produites à Angers et louées avec un prix qui évoluera en fonction du nombre de chariots lavés », précise Hugues Titard.
Reste à ouvrir l’œil pour espérer entrevoir la machine en action sur les parkings de nos supermarchés !
Photo : Benoit Martin










