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Handicap et sexualité : un sujet encore trop tabou

Une femme est assise sur les genoux de son conjoint, lui-même assis dans un fauteuil roulant - handicap et sexualité

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Depuis des siècles, la sexualité des personnes handicapées a été ignorée, parfois même réprimée, souvent perçue comme une réalité incompatible avec leur condition. Cette vision est enracinée dans une culture de contrôle et de marginalisation, où les personnes handicapées étaient soit considérées comme asexuées, soit perçues comme incapables de gérer leur vie intime. Pourtant, ces préjugés n’ont aucune base scientifique et sont en décalage avec les évolutions sociétales actuelles. Alors pourquoi le handicap et la sexualité sont-ils encore aussi tabous aujourd’hui ?

Malgré l’importance de ces enjeux, la sexualité des personnes handicapées est souvent réduite à sa dimension biologique ou reproductive. Cette vision restrictive empêche une compréhension globale et positive de ce que peut être la vie intime et affective. En réalité, en France, on parle beaucoup de sexe, mais peu de sexualité. Cela complique encore plus l’association des termes sexualité et handicap.

Sexualité et handicap : des idées reçues à déconstruire

Idée reçue n°1 :  » Les personnes handicapées n’ont pas de désirs ou d’émotions « 

Ce préjugé repose sur une vision erronée de la sexualité. Il ne faut pas confondre un handicap physique ou mental avec une absence de désirs affectifs ou sexuels. Tout individu, quel que soit son état, peut ressentir de l’amour ou de l’attirance, et aspirer à des relations.





Idée reçue n°2 :  » La sexualité des personnes handicapées est dangereuse ou incontrôlable « 

Certaines personnes pensent que les handicaps cognitifs ou cérébraux conduisent à des comportements inappropriés. En réalité, ces comportements, lorsqu’ils existent, sont souvent des réponses à un manque d’éducation sexuelle ou d’accompagnement adapté, et non des traits intrinsèques à la personne.

Idée reçue n°3 :  » Les personnes handicapées ne peuvent pas être parents « 

Ce stéréotype limite les droits des personnes handicapées en matière de parentalité. De nombreux parents en situation de handicap montrent qu’avec un soutien adapté, ils peuvent pleinement assumer leur rôle.

Idée reçue n°4 :  » Être en couple avec une personne handicapée est trop compliqué « 

Cette idée est basée sur une peur ou une incompréhension des besoins spécifiques liés au handicap. Or, avec une communication ouverte et des aménagements simples, ces relations peuvent être aussi épanouissantes que n’importe quelles autres.

Les conséquences sur la vie des personnes handicapées

Les stéréotypes sur la sexualité des personnes handicapées ont des conséquences significatives sur leur quotidien.

Ces idées reçues renforcent l’isolement social et rendent difficile la création de liens affectifs ou amicaux. Elles contribuent également à une baisse de l’estime de soi, en niant la capacité de ces personnes à éprouver des désirs ou de l’amour.

En conséquence, certaines personnes peuvent renoncer à une vie intime ou amoureuse, pensant qu’elles ne le méritent pas.





Pour lever ces freins, il est nécessaire d’offrir une reconnaissance et un accompagnement respectueux des droits et des choix des personnes handicapées.

 > Ouvrage « Sexualité et handicaps : Dix fausses bonnes idées »

Respecter les droits des personnes handicapées

Une liberté reconnue par la loi

En France, chacun a le droit de mener la vie affective et sexuelle de son choix, sous réserve du consentement réciproque et du respect de la loi. Ce droit s’applique pleinement aux personnes en situation de handicap. Cependant, dans certaines institutions, ces libertés sont parfois ignorées ou restreintes. Par exemple, imposer un contraceptif à toutes les femmes accueillies est une pratique qui limite leur autodétermination.

La circulaire du 5 juillet 2021 rappelle les droits des personnes en situation de handicap et souligne la nécessité de protéger leur vie intime. Elle vise aussi à prévenir les violences dont elles pourraient être victimes, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles.

Des recommandations pour une prise en charge respectueuse

Un travail est en cours, notamment par la Haute Autorité de Santé, pour établir des bonnes pratiques dans les établissements et services médico-sociaux. Ces recommandations encouragent un accompagnement respectueux, qui tient compte des besoins et des souhaits des personnes.

L’importance de l’éducation et de la formation

Éduquer pour déconstruire les tabous

Un des obstacles majeurs reste le manque d’éducation à la sexualité en France. Une éducation complète et continue est indispensable pour changer les mentalités, notamment auprès des plus jeunes.





Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) souligne l’importance de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Elle doit être intégrée dès le plus jeune âge pour favoriser des rapports humains égalitaires et sans préjugés. Il préconise une éducation complète : affective, relationnelle et sexuelle. Elle est censée permettre de respecter les droits de chaque individu, d’aborder les stéréotypes de genre et de promouvoir une vision positive de la sexualité.

Une sensibilisation au handicap et à la diversité des corps et des sexualités complèterait parfaitement une éducation à la sexualité.

Cependant, malgré l’obligation légale depuis 2001, les chiffres montrent que l’EVARS est encore insuffisamment mise en œuvre. Elle rend donc indispensable un engagement plus fort des institutions et des familles pour offrir une éducation réellement émancipatrice.

Professionnels et familles

Les professionnels qui accompagnent les personnes en situation de handicap, tout comme les familles, ont également besoin d’être formés. Parfois, il est difficile pour des parents ou des aidants d’accepter que leur proche handicapé ait une vie sexuelle. Pourtant, une meilleure compréhension de ces enjeux permet de normaliser ces situations.

APF Formation et Planning Familial, par exemple,proposent des formations sur cette thématique, à destination des professionnels notamment. D’autres organismes, comme l’IRTS des Hauts-de-France (Institut Régional du Travail Social) offrent des formations aussi bien accessibles aux professionnels, qu’aux parents.

Initiatives pour accompagner les personnes handicapées

De plus en plus d’établissements et de structures intègrent une dimension affective et sexuelle dans leurs accompagnements. Cela peut se traduire par :





  • Des ateliers éducatifs sur la sexualité, le consentement ou la connaissance du corps.
  • Des rencontres individuelles avec des sexologues.
  • La mise en place d’espaces de dialogue ouverts aux résidents et à leurs accompagnants.

Ces initiatives permettent d’aborder des thématiques souvent ignorées, tout en respectant les droits et les choix de chacun.

Association Aurore

L’Association Aurore est une organisation française qui œuvre depuis 1871 pour accompagner les personnes en situation de précarité et d’exclusion. Elle intervient dans des domaines variés, notamment l’hébergement, l’insertion professionnelle et les soins. Concernant le handicap et la sexualité, Aurore propose des ateliers éducatifs et des rencontres avec des sexologues afin de sensibiliser et de soutenir les personnes handicapées sur la vie affective et sexuelle. L’association met un accent particulier sur le respect de l’intimité et la promotion d’une sexualité positive et épanouie.

La sexualité des personnes en situation de handicap ne devrait plus être un sujet tabou. Ces personnes ont les mêmes besoins émotionnels et affectifs que tout le monde. Reconnaître ces droits, les respecter et les accompagner dans leurs choix intimes est une étape indispensable pour leur bien-être. Cela passe par une meilleure éducation, une sensibilisation renforcée et des politiques publiques adaptées.

Pour aller plus loin :

Retrouvez l’interview du sexologue François Crochon sur la sexualité et le handicap ici.





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