Alors que la Ministre du Handicap, Charlotte Parmentier-Lecocq, a annoncé début juin un projet de loi ambitieux pour la fin de l’année 2025, le monde associatif et les collectifs de défense des droits des personnes en situation de handicap s’activent pour faire entendre leurs priorités.
Début juin 2025, la ministre déléguée à l’Autonomie et au Handicap a officiellement annoncé la mise en chantier d’un projet de loi, avec une présentation attendue « d’ici la fin de l’année 2025 ». Cette annonce intervient dans un contexte où, vingt ans après la loi fondatrice du 11 février 2005, de nombreux acteurs estiment que la France doit franchir une nouvelle étape pour garantir une société pleinement inclusive.
Les associations et collectifs, à l’image du Collectif Handicaps, rappellent que malgré des avancées, les obstacles restent nombreux : accès à l’emploi, scolarisation, santé, mobilité, vie sociale… Autant de domaines où les attentes sont fortes et les besoins criants.
Les revendications majeures des collectifs et associations
À l’approche de ce projet de loi, les associations et syndicats multiplient les appels pour que les mesures annoncées soient à la hauteur des besoins. Ces revendications, portées par des collectifs comme le Collectif Handicaps, des syndicats comme Force Ouvrière ou SNUipp-FSU, et des associations comme l’AFM-Téléthon, convergent toutes vers une exigence : passer des promesses aux actes, et faire du projet de loi handicap 2025 un véritable levier de transformation sociale.
Voici, par grandes thématiques, les principales revendications portées.
Éducation
- Renforcer les moyens humains pour une inclusion scolaire réelle : davantage d’accompagnants et de personnels formés dans les écoles.
- Former tous les personnels scolaires au handicap afin d’assurer un accueil adapté à chaque élève.
- Adapter les locaux et les outils pédagogiques pour répondre à la diversité des situations.
- Mettre fin à la précarité des accompagnants (AESH), en améliorant leur statut et leurs conditions de travail.
- Garantir l’opposabilité des droits scolaires pour que chaque enfant bénéficie effectivement des aménagements nécessaires.
Emploi et médico-social
- Améliorer l’accès à l’emploi et lutter contre la discrimination à l’embauche ou au travail, avec des mesures concrètes pour l’inclusion professionnelle. Aller un cran plus loin que les mesures historiques et éviter le contournement des mesures.
- Revaloriser les professionnels du secteur médico-social, dont le rôle est essentiel mais souvent sous-estimé.
- Soutenir les aidants familiaux qui pallient les carences de l’accompagnement institutionnel.
- Garantir une compensation adaptée aux besoins, pour que chaque personne puisse vivre dignement, quel que soit son handicap.
- Renforcer l’accessibilité universelle dans tous les lieux de vie, de travail et de loisirs.
Santé et innovation
- Accélérer la mise en œuvre des avancées de la loi de 2005, en évitant les retards et les dérogations qui freinent l’accès aux droits.
- Améliorer l’accès aux soins et aux aides techniques (matériel médical, prothèses, fauteuils, etc.), en simplifiant les démarches et en réduisant les délais.
- Développer la recherche et l’innovation pour le handicap, notamment sur les maladies rares et les solutions technologiques.
- Renforcer la participation des personnes handicapées dans les décisions qui les concernent, à tous les niveaux.
- Promouvoir l’inclusion sociale et professionnelle pour que chacun puisse vivre pleinement sa citoyenneté.
Cette liste n’est pas un programme ou un ensemble de recommandations, mais une réflexion sur les idées qui ressortent le plus souvent dans les communications et demandes des différentes associations et porteurs de voix.










