Search
Close this search box.
Handirect devient Handinova, pour mieux refléter nos contenus variés (articles, newsletters, livres, formations, services …)
Search
Close this search box.
Handirect devient Handinova, pour mieux refléter nos contenus variés (articles, newsletters, livres, formations, services …)

Regards croisés sur une alternance réussie

Écouter cet article

Par Yann Kappes, Chargé de mission handicap CPME Auvergne Rhône Alpes

En fauteuil roulant et atteinte de troubles de l’attention avec hyperactivité (TDAH), Anaïs a transformé son alternance en CDI chez Etape Auvergne. Son parcours, marqué par la détermination et un accompagnement sur mesure, illustre comment l’alternance peut devenir un vrai tremplin pour les personnes en situation de handicap. À travers les témoignages croisés d’Anaïs, de Catherine Jarry (directrice d’ETAPE Auvergne) et d’Aurélie Goigoux (directrice de l’ECEMA), nous explorons les clés d’une inclusion réussie.

Eté 2024, à l’orée de sa 2ème année de Master en marketing et communication à l’ECEMA Clermont-Ferrand, Anaïs quitte le Rugby Club Brivadois pour intégrer Etape Auvergne, une entreprise adaptée spécialisée dans le textile, la restauration et les services, saisissant ainsi l’opportunité d’un chef d’entreprise qui la met en contact avec la directrice d’Etape Auvergne, qui cherchait à développer sa communication. « J’avais envie d’acquérir une nouvelle expérience professionnelle, avec des horaires fixes et une meilleure séparation entre vie professionnelle et personnelle, dans un environnement différent du milieu associatif et sportif où j’évoluais auparavant. » Un an plus tard, cette jeune femme de 27 ans signe un CDI de chargée de marketing et communication.

L’alternance, un tremplin d’inclusion

« L’alternance est une chance incroyable, surtout pour les personnes en situation de handicap. » affirme Anaïs. « Quand on veut, on peut. » Marquée par une fibre sociale profonde, la directrice d’Etape Auvergne depuis 2014, Catherine Jarry, n’observe pas le handicap. « Je vois l’alternante, et elle s’est intégrée naturellement. Elle a fait sa place toute seule, sans qu’on ait à se poser de questions. » L’alternance, selon elle, est un compromis gagnant-gagnant : « L’entreprise comble un besoin en compétences, l’étudiant acquiert une expérience concrète. »





« L’occasion de transformer une différence en force » complète Aurélie Goigoux, la directrice de l’ECEMA à Clermont-Ferrand. Elle insiste sur l’adaptabilité et la rigueur, « surtout pour des profils qui ont dû se battre plus que les autres pour en arriver là. Les étudiants en situation de handicap ont souvent plus de résilience. Ils ont dû fournir plus d’efforts. »

« On a mis en place ce qu’il fallait »

L’accompagnement dont a bénéficié Anaïs sur les transports, son logement ou encore le  coaching met en évidence l’importance des aides reçues : « Sans les aides de l’AGEFIPH et d’Handi-Sup Auvergne, je n’aurais pas réussi. » Catherine Jarry souligne elle l’importance de l’adaptation : « On a mis en place ce qu’il fallait pour qu’elle soit à l’aise. On a adapté les locaux et les horaires, mais surtout, on a créé un climat de confiance. Le plus important, c’est qu’elle se sente comme les autres. »

De son côté, Aurélie Goigoux (directrice et référente handicap de l’école) détaille l’accompagnement proposé : « On ne se contente pas des obligations légales. Dès qu’un étudiant nous informe d’une situation de handicap, je m’entretiens avec lui pour évaluer ses besoins. On propose des suivis réguliers, des aménagements pédagogiques (tiers temps, coaching) et une écoute individualisée. Chaque étudiant est unique. Il faut s’adapter. »





« Elle a une énergie folle »

L’accompagnement repose sur une écoute active, une flexibilité et une volonté de briser les barrières, qu’elles soient physiques ou psychologiques. Même si Anaïs assume pleinement sa différence : « Je ne me considère pas comme une personne en situation de handicap. Mon TDAH et mon fauteuil roulant sont des défis, pas des freins. J’ai appris à m’organiser, à anticiper », la détermination individuelle est un critère préalable au succès du projet. « Elle a une énergie folle. Elle a fait sa place toute seule. Ce qui compte, c’est la personnalité et la motivation. » remarqueCatherine Jarry. « Les profils atypiques sont souvent les plus inspirants. Il faut les aider à s’adapter, mais aussi valoriser leurs atouts » met en avant Aurélie Goigoux.

Ressources : https://www.alternance.emploi.gouv.fr/apprentissage-handicap

Un cadre clair d’abord

Trop souvent considéré comme un obstacle, le handicap est une particularité qui enrichit autant l’entreprise que l’école. Résilience et créativité sont des atouts majeurs pour des étudiants en situation de handicap. « Le plus difficile, c’était de jongler entre l’école et l’entreprise. Les emplois du temps irréguliers et les urgences en entreprise ont parfois été un casse-tête » reconnaît Anaïs. « Il faut être clair dès le départ. Les alternants ne sont pas des salariés à temps plein. Il faut en tenir compte » insiste sa directrice sur la nécessité de cadrer les attentes professionnelles.





Rigueur, adaptabilité et confiance

« Les alternants en situation de handicap sont des atouts, pas des fardeaux » argue Aurélie en direction des entreprises hésitantes. Catherine ajoute : « Adaptez-vous. Ecoutez les besoins et mettez en place des aménagements simples. » Aux étudiants, Aurélie conseille d’assumer qui ils sont. « Transformez vos différences en opportunités. » Anaïs abonde en ce sens : « Soyez proactifs, anticipez, organisez-vous et n’hésitez pas à demander de l’aide. » Et Catherine conclut : « La confiance en soi est la clé de la réussite. Croyez en vous ! »

Accompagnement, communication et volonté partagée, ces trois piliers ressortent de cette alternance probante de réussite. « Feu go ! » clament de concert Catherine et Anaïs dans un sourire partagé. Cela résume bien l’état d’esprit : « Foncez, adaptez-vous, ne lâchez rien ! » Et Aurélie de répéter à l’envie : « L’alternance est une chance qu’il faut saisir ». Plus qu’un dispositif pédagogique, l’alternance est une opportunité de faire de l’inclusion une vraie réalité, plus qu’une simple tendance.

Cet article contribue à favoriser l’inclusion professionnelle des demandeurs d’emploi en situation de handicap et d’accompagner les entreprises à structurer et valoriser leurs démarches. Avec le soutien de l’AGEFIPH et cofinancée par le Fonds Social Européen dans le cadre du programme opérationnel national « Emploi – Inclusion – Jeunesse – Compétences 2021-2027 ».

Ces articles pourront vous intéresser :

Facebook
Twitter
LinkedIn
E-mail

Commentaires

Inscrivez-vous à nos Newsletters

Flash Info

Inscrivez-vous à nos Newsletters