La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) est un dispositif central pour l’inclusion des personnes en situation de handicap dans le monde professionnel.
Nous abordons très régulièrement ses caractéristiques et les démarches pour l’obtenir sur Handinova.
Pourtant, ce terme, bien qu’historiquement significatif, mérite d’être repensé.
Pourquoi ? Parce qu’il véhicule des connotations qui peuvent freiner les démarches des salariés concernés et limiter son impact inclusif.
Pourquoi remettre en question le terme RQTH ?
Une terminologie datée et stigmatisante
- Le mot « travailleur » apparaît comme réducteur dans un contexte où les parcours professionnels sont plus diversifiés que jamais. Il ne reflète pas les réalités des personnes en reconversion, en formation ou en recherche d’emploi.
- Le terme « handicapé » peut être perçu comme stigmatisant ou péjoratif. On est depuis longtemps passé dans le langage courant à « en situation de handicap » ou « ayant un handicap », voire « ayant des difficultés de santé ». Beaucoup de personnes concernées hésitent à se déclarer par crainte d’être étiquetées ou discriminées, tant par leurs employeurs que par leurs collègues. Certaines ne se reconnaissent tout simplement pas dans la notion de « handicap », bien qu’ils aient un trouble ou une difficulté de santé significative.
Un manque de valorisation
La notion de « reconnaissance » place les bénéficiaires dans une posture passive, comme s’ils attendaient une validation extérieure. Cela va à l’encontre des dynamiques modernes où l’accent est mis sur les compétences et les contributions des individus.
Un frein aux démarches
La complexité administrative du dispositif est déjà un obstacle majeur. Si, en plus, le terme lui-même suscite malaise ou incompréhension, il devient encore plus difficile pour les salariés de se lancer dans cette démarche pourtant essentielle.
Changer le terme : un symbole pour un nouvel élan
Modifier le nom « RQTH » ne simplifiera pas directement les démarches administratives, mais cela peut envoyer un signal fort : celui d’une société qui évolue vers une approche plus inclusive et valorisante. Ce changement pourrait encourager davantage de salariés à se déclarer et à bénéficier des dispositifs existants.
Nous proposons d’engager une réflexion avec l’Agefiph, le Fiphfp, LADAPT, CapEmploi, le ministère, et toutes les organisations, associations et entreprises engagées pour l’emploi des personnes en situation de handicap.
Propositions pour un nouveau terme ou sigle
Voici quelques idées pour remplacer « RQTH », en mettant l’accent sur la neutralité et la valorisation des compétences. Ce ne sont pas des propositions, mais des pistes de réflexion.
- CAP (Capacités Adaptées Professionnelles) : Met l’accent sur les capacités et l’adaptation sans mentionner explicitement le handicap.
- AIA (Appui à l’Insertion et à l’Adaptation) : Souligne le soutien et l’accompagnement dans le cadre professionnel.
- IDP (Inclusion et Droits Professionnels) : Focalise sur l’inclusion et les droits des salariés.
- PAE (Parcours Adapté à l’Emploi) : Évoque directement l’objectif d’un parcours adapté aux besoins individuels.
- EQP (Équité Professionnelle) : Insiste sur la justice et l’équité au travail.
Ces termes cherchent à s’éloigner des connotations négatives ou administratives tout en restant compréhensibles pour les employeurs et salariés.
Lancer une réflexion collective
Changer le nom « RQTH » ne résoudra pas tous les défis liés à l’emploi des personnes en situation de handicap. Mais c’est un premier pas symbolique qui pourrait amorcer une dynamique plus large de modernisation du dispositif.
Cet article se veut être le point de départ d’une réflexion collective, d’une démarche à entreprendre.
Ce n’est pas qu’une question de mots : c’est une question de perception, d’inclusivité et d’avenir.









