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TDAH : des ondes de sommeil à l’origine de la perte d’attention

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Pour les adultes diagnostiqués avec un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), les manifestations sont souvent des difficultés à maintenir la concentration sur une tâche prolongée, des épisodes d’oubli ou des pensées qui s’écartent du sujet. Ces défis, qui altèrent significativement le quotidien, reposent sur des mécanismes cérébraux complexes.

Une recherche internationale récente, dont les résultats ont été publiés dans le Journal of Neuroscience, propose une explication inattendue : la présence d’ondes cérébrales typiques du sommeil profond en période d’éveil pourrait être à l’origine de ces troubles de l’attention.

Quand le cerveau s’assoupit en plein jour : une découverte majeure

Cette étude, menée par une équipe internationale incluant le chercheur Inserm Thomas Andrillon de l’Institut du cerveau, est partie d’une observation fréquente : les personnes atteintes de TDAH rencontrent non seulement des difficultés d’attention, mais également une forte prévalence de troubles du sommeil. Ces troubles sont connus pour altérer eux-mêmes l’attention et favoriser l’impulsivité. L’hypothèse de l’équipe était que des « intrusions de sommeil », c’est-à-dire l’apparition de marqueurs cérébraux habituellement associés au sommeil pendant l’éveil, pourraient contribuer aux symptômes du TDAH.

Une méthodologie d’analyse de l’activité cérébrale

Pour explorer cette piste, les chercheurs ont enregistré l’activité cérébrale de 32 adultes diagnostiqués avec un TDAH et de 31 individus témoins sans TDAH. Tous les participants ont réalisé une tâche nécessitant une attention soutenue. L’analyse a révélé que les participants atteints de TDAH présentaient une incidence plus élevée d’ondes lentes, particulièrement dans les régions pariéto-temporales du cerveau. Plus la fréquence de ces ondes lentes était élevée, plus les erreurs d’inattention, la somnolence et la lenteur ou l’irrégularité des temps de réaction augmentaient. À l’inverse, une moindre présence de ces ondes coïncidait avec des phases de meilleure concentration.





Le vagabondage mental et le « vide mental » : des manifestations liées

Ces intrusions d’ondes de sommeil locales ne sont pas exclusives au TDAH. Elles peuvent survenir chez tout individu en état de fatigue avancée. Selon Thomas Andrillon, « Après une mauvaise nuit ou une journée très longue, le cerveau fait aussi des pauses sous forme d’ondes lentes ». Cependant, chez les personnes atteintes de TDAH, cette activité est plus fréquente. Les résultats suggèrent que cette particularité pourrait être un mécanisme cérébral fondamental expliquant leur difficulté à maintenir une attention et des performances stables sur la durée, comme l’explique Thomas Andrillon.

Les individus atteints de TDAH rapportent également plus fréquemment des épisodes de « vagabondage mental » (mind wandering), mais aussi de « vide mental » (mind blanking). Ces derniers correspondent à des moments où la pensée s’interrompt complètement, sans que la personne ne s’en rende compte immédiatement. Le chercheur Thomas Andrillon a noté, lors de ses échanges avec des groupes de soutien, que de nombreux patients décrivaient spontanément ces épisodes de vide mental comme une composante familière et lourde de leur quotidien, bien qu’ils ne figurent pas dans les critères diagnostiques officiels du trouble.

Implications pour la compréhension et la prise en charge du TDAH

Si les chercheurs restent prudents et ne concluent pas à une causalité directe et unique des ondes lentes sur l’inattention, leurs analyses statistiques indiquent que ces ondes ne sont pas seulement concomitantes aux symptômes. Elles en expliqueraient une partie, agissant comme un lien entre le diagnostic de TDAH et les comportements observés.





Des études pharmacologiques appuient cette piste : l’administration de méthylphénidate, un traitement courant du TDAH, à des volontaires sains a amélioré leur attention tout en diminuant les ondes lentes. Toutefois, un lien mécanistique direct chez la population TDAH reste à établir.

Vers de nouveaux biomarqueurs et des interventions ciblées

Ces découvertes ouvrent plusieurs perspectives prometteuses pour le diagnostic et la prise en charge du TDAH.

Citation :

« Ce ne serait pas une solution unique, mais un levier supplémentaire, facile à intégrer aux prises en charge existantes. »

affirme Thomas Andrillon.

Une première avancée est l’identification d’un potentiel biomarqueur du TDAH, mesurable de manière simple grâce à un électroencéphalogramme (EEG). Un tel marqueur pourrait faciliter le diagnostic, souvent complexe chez l’adulte.

Une seconde perspective réside dans le développement d’interventions ciblant spécifiquement le sommeil, qu’elles soient pharmacologiques ou non médicamenteuses. L’amélioration de la qualité du sommeil pourrait potentiellement réduire la fréquence de ces ondes lentes pendant la journée et ainsi atténuer certains symptômes du TDAH.

Exploration de solutions non médicamenteuses

Des pistes non médicamenteuses sont déjà à l’étude. Il est avéré que la stimulation auditive durant le sommeil peut renforcer les ondes lentes nocturnes et, par ricochet, limiter l’intrusion d’activité cérébrale similaire au sommeil durant l’éveil le jour suivant. Reste à déterminer si cette stratégie pourrait être bénéfique pour les personnes atteintes de TDAH.





Cette recherche contribue à une meilleure compréhension des mécanismes neurobiologiques sous-jacents au TDAH, un trouble neurodéveloppemental qui touche environ 2,5 % des adultes, selon l’INSERM (2020). En éclairant la relation entre le sommeil et l’attention, elle ouvre la voie à des approches diagnostiques plus précises et à des stratégies thérapeutiques complémentaires, centrées sur la régulation de l’activité cérébrale liée au sommeil.

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