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Handicap en entreprise : ces pathologies auxquelles on ne pense pas mais qui peuvent donner droit à une RQTH

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De nombreuses affections, parfois peu visibles ou méconnues dans leur impact professionnel, peuvent pourtant justifier l’obtention de la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH). Au-delà des handicaps traditionnellement perçus, des maladies chroniques comme l’endométriose ou les troubles musculosquelettiques affectent considérablement la vie professionnelle et méritent une attention particulière.

Comprendre que la RQTH concerne un spectre large de situations permet d’ouvrir le dialogue et d’adapter l’environnement de travail.

Qu’est-ce que la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) ?

La RQTH est une démarche administrative délivrée par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH). Son objectif est de reconnaître officiellement qu’une personne a des capacités de travail réduites ou altérées en raison de son état de santé physique, sensoriel, mental ou psychique.

Cette reconnaissance vise à faciliter l’insertion professionnelle, le maintien dans l’emploi et l’accès à des aménagements spécifiques pour compenser les difficultés liées au handicap. Elle n’est pas synonyme d’invalidité mais d’une adaptation nécessaire.

Au-delà des handicaps visibles : des maladies chroniques impactantes

Le terme « handicap » évoque souvent des situations visibles ou des atteintes motrices lourdes. Pourtant, de nombreuses pathologies chroniques, parfois invisibles, génèrent des contraintes quotidiennes significatives qui peuvent altérer la capacité à occuper un emploi dans des conditions optimales. Ces affections impactent la concentration, l’énergie, la mobilité ou nécessitent des adaptations spécifiques, justifiant une RQTH.





Endométriose : une maladie féminine aux répercussions professionnelles significatives

L’endométriose est une maladie gynécologique chronique qui touche environ une femme sur dix en âge de procréer. Elle se caractérise par la présence de tissu similaire à l’endomètre en dehors de l’utérus. Les symptômes incluent des douleurs pelviennes chroniques intenses, souvent invalidantes pendant les règles, mais aussi des douleurs lors des rapports sexuels, des troubles digestifs, urinaires et une fatigue profonde.

Les conséquences sur la vie professionnelle sont multiples :

  • Absentéisme répété dû aux crises de douleur.
  • Difficultés de concentration et productivité réduite en raison de la douleur et de la fatigue.
  • Besoin d’aménagements (télétravail, horaires flexibles, accès facile à des toilettes, position assise/debout adaptée).

La reconnaissance de l’endométriose comme motif de RQTH est de plus en plus fréquente, permettant aux femmes concernées d’obtenir des adaptations et un soutien dans leur parcours professionnel.

Troubles musculosquelettiques (TMS) : quand le corps au travail crie alarme

Les TMS regroupent un ensemble d’affections touchant les articulations, les muscles et les tendons, principalement liés aux activités professionnelles. Parmi eux, on retrouve le syndrome du canal carpien, les tendinites, les lombalgies chroniques, ou encore les cervicalgies. Ces troubles sont la première cause de maladies professionnelles reconnues en France.

Leur impact sur l’emploi est direct :

  • Douleurs chroniques ou aiguës limitant les mouvements et l’endurance.
  • Incapacité à effectuer certaines tâches (port de charges, gestes répétitifs, maintien de positions spécifiques).
  • Besoin d’équipements ergonomiques adaptés (siège, clavier, écran), d’aménagements de poste ou de changements de tâches.

Bien que souvent reconnus en tant que maladies professionnelles, les TMS peuvent également ouvrir droit à une RQTH lorsqu’ils entraînent une altération durable de la capacité de travail.





D’autres pathologies insoupçonnées éligibles à la RQTH

Le champ des pathologies ouvrant droit à une RQTH est plus vaste qu’il n’y paraît. De nombreuses maladies chroniques ou des situations de santé impactant durablement le quotidien professionnel peuvent en bénéficier.

Migraines chroniques : au-delà du simple mal de tête

La migraine chronique se caractérise par des céphalées intenses et récurrentes, souvent accompagnées de nausées, de vomissements, de sensibilité à la lumière et au bruit. Lorsque ces crises sont fréquentes (plus de 15 jours par mois pendant plusieurs mois), elles peuvent être très invalidantes, empêchant toute activité normale. Elles affectent la concentration, la présence au travail et peuvent entraîner un absentéisme régulier.

Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) : une gestion quotidienne complexe

Des affections comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique (RCH) sont des MICI. Elles se manifestent par des douleurs abdominales intenses, des diarrhées fréquentes et impérieuses, une fatigue chronique et des poussées inflammatoires. La nécessité d’accès constant aux toilettes, les douleurs et la fatigue rendent l’intégration professionnelle complexe sans aménagements.

Troubles psychiques : l’impact silencieux sur la performance

L’anxiété généralisée, la dépression majeure ou certains troubles bipolaires, lorsqu’ils sont chroniques et stabilisés sous traitement, peuvent entraîner une diminution des capacités de concentration, d’interaction sociale, une grande fatigue ou des difficultés à gérer le stress. La stigmatisation qui les entoure fait qu’ils sont moins souvent considérés sous l’angle du handicap, alors que leurs répercussions sur le travail sont indéniables. Un burn-out sévère et prolongé peut également être un motif.





Syndrome de fatigue chronique ou encéphalomyélite myalgique : une énergie limitée

Ce syndrome se caractérise par une fatigue persistante et inexpliquée, non soulagée par le repos, qui s’aggrave avec l’effort et dure depuis plus de six mois. Il est souvent accompagné de troubles cognitifs (« brain fog »), de douleurs musculaires et articulaires, et de problèmes de sommeil. Les personnes atteintes ont une capacité énergétique très limitée, rendant l’exécution des tâches professionnelles extrêmement difficile.

Pourquoi une RQTH est-elle bénéfique ?

Obtenir une RQTH n’est pas une fatalité, mais un levier. Pour l’employé, cela ouvre l’accès à :

  • Des aménagements de poste financés (matériel adapté, logiciels spécifiques).
  • Des horaires de travail individualisés (temps partiel, horaires flexibles).
  • Des aides à la formation professionnelle.
  • Un accompagnement par des services spécialisés pour le maintien dans l’emploi.
  • Une meilleure reconnaissance de ses besoins par l’employeur.

Pour l’employeur, l’embauche ou le maintien d’un travailleur en situation de handicap (avec RQTH) permet de :

  • Bénéficier d’aides et de subventions pour l’aménagement des postes ou la formation.
  • Réduire sa contribution à l’Agefiph ou au FIPHFP.
  • Renforcer sa politique RSE et promouvoir la diversité.

Comment solliciter une RQTH ?

La demande de RQTH se fait auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) de votre lieu de résidence. Il faut remplir un formulaire (Cerfa n°15692*01) et y joindre un certificat médical détaillé, établi par votre médecin traitant ou un spécialiste, décrivant votre ou vos pathologies, leurs conséquences sur votre vie quotidienne et professionnelle, ainsi que les difficultés rencontrées. Des bilans complémentaires (ergothérapeute, psychologue) peuvent renforcer le dossier.





Une fois le dossier complet, la CDAPH étudie la demande et prend une décision. Le processus peut prendre plusieurs mois.

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