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Zoom sur 3 affections de longue-durée qui sont des handicaps et peuvent mener à une RQTH

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Certaines pathologies chroniques impactent durablement la vie professionnelle et personnelle. Parmi elles, la BPCO, la capsulite rétractile et le pied plat peuvent justifier une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Décryptage de ces trois affections méconnues qui ouvrent des droits spécifiques.

La BPCO : une maladie respiratoire invalidante

Qu’est-ce que la BPCO ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) désigne une obstruction progressive et irréversible des voies respiratoires. Cette pathologie se caractérise par une inflammation chronique des bronches et une destruction du tissu pulmonaire. En France, elle touche environ 3,5 millions de personnes selon les données de l’Assurance Maladie.

Le tabagisme représente la cause principale de la BPCO (lien vidal pour ceux qui ne connaissent pas), mais l’exposition professionnelle à des polluants ou à des poussières peut également favoriser son développement. Les symptômes incluent un essoufflement progressif, une toux chronique et des expectorations régulières.

Impact sur la vie quotidienne et professionnelle

La BPCO limite considérablement les capacités physiques. L’essoufflement à l’effort rend difficiles les déplacements, la montée d’escaliers ou le port de charges. Les personnes atteintes peuvent nécessiter une oxygénothérapie à domicile dans les stades avancés.

Sur le plan professionnel, cette affection complique l’exercice de nombreux métiers, particulièrement ceux exigeant des efforts physiques ou une exposition à des irritants respiratoires. Les arrêts maladie fréquents liés aux exacerbations de la maladie perturbent la continuité du travail.





BPCO et reconnaissance du handicap

La BPCO figure sur la liste des affections de longue durée (ALD) établie par l’Assurance Maladie. Elle peut donner lieu à une RQTH lorsque les limitations fonctionnelles impactent durablement l’emploi. Cette reconnaissance permet d’accéder à :

  • Des aménagements du poste de travail (éviction des irritants, adaptation des horaires)
  • Un temps de travail réduit sans perte de droits
  • Un accompagnement spécifique par Cap emploi
  • Une protection contre le licenciement renforcée

Le dossier RQTH se constitue auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) avec un certificat médical détaillant les limitations fonctionnelles.

La capsulite rétractile : une raideur d’épaule handicapante

Comprendre la capsulite rétractile

La capsulite rétractile, également appelée épaule gelée, provoque une inflammation puis une rétraction de la capsule articulaire de l’épaule. Cette pathologie évolue généralement en trois phases sur 18 à 24 mois : phase douloureuse, phase de raideur puis phase de récupération.

Les causes restent partiellement inexpliquées, mais certains facteurs favorisants sont identifiés : diabète, troubles thyroïdiens, traumatismes ou immobilisation prolongée. Les femmes entre 40 et 60 ans sont davantage concernées.

Répercussions fonctionnelles

La capsulite rétractile limite drastiquement la mobilité de l’épaule. Les gestes simples du quotidien deviennent pénibles : s’habiller, se coiffer, conduire ou porter des objets. La douleur nocturne perturbe le sommeil et génère une fatigue chronique.

Dans le cadre professionnel, les métiers sollicitant les membres supérieurs deviennent impossibles à exercer normalement. Les professions manuelles, les postes informatiques prolongés ou les activités nécessitant des gestes répétitifs au-dessus de l’épaule sont particulièrement impactés.





Obtenir une RQTH pour capsulite rétractile

Bien que moins connue que d’autres pathologies, la capsulite rétractile peut justifier une RQTH lorsqu’elle persiste au-delà de plusieurs mois et compromet l’activité professionnelle. Le caractère bilatéral ou récidivant renforce la légitimité de la demande.

Les aménagements possibles incluent :

  • Adaptation ergonomique du poste (hauteur d’écran, supports de documents)
  • Alternance des tâches pour limiter les mouvements répétitifs
  • Autorisation de séances de kinésithérapie sur le temps de travail
  • Réduction temporaire du temps de travail durant la phase aiguë

Le dossier MDPH doit comporter un certificat médical précisant l’atteinte fonctionnelle et les limitations dans les gestes professionnels. Un compte-rendu de rééducation renforce le dossier.

Le pied plat : une déformation aux conséquences sous-estimées

Définition du pied plat

Le pied plat se caractérise par un affaissement de la voûte plantaire. Cette déformation peut être congénitale ou acquise suite à une rupture tendineuse, un traumatisme ou une pathologie rhumatismale. On distingue le pied plat souple, souvent asymptomatique, du pied plat rigide qui génère douleurs et limitations.

Le pied plat affecte la statique et la dynamique de marche. Il provoque une surcharge sur certaines articulations et peut entraîner des douleurs au pied, à la cheville, au genou ou au dos.

Conséquences sur l’autonomie et le travail

Un pied plat symptomatique limite la station debout prolongée et la marche. Les douleurs s’intensifient avec l’activité et peuvent nécessiter le port permanent d’orthèses plantaires. Dans les formes sévères, une intervention chirurgicale s’avère nécessaire.





Professionnellement, les métiers exigeant une station debout prolongée (vendeurs, soignants, cuisiniers) ou des déplacements fréquents deviennent problématiques. Les douleurs chroniques diminuent la productivité et augmentent l’absentéisme.

Démarche RQTH pour pied plat

Le pied plat peut justifier une RQTH lorsqu’il est bilatéral, symptomatique et résistant aux traitements conservateurs. La demande se fonde sur les répercussions concrètes dans l’environnement professionnel.

Les aménagements envisageables comprennent :

  • Autorisation de chaussures orthopédiques adaptées
  • Mise à disposition d’un siège pour alternance assis-debout
  • Limitation des déplacements ou circuits de travail réduits
  • Tapis anti-fatigue au poste de travail
  • Réorientation professionnelle si nécessaire

Le certificat médical joint au dossier MDPH doit mentionner le périmètre de marche, la tolérance à la station debout et les douleurs associées. Des radiographies ou un bilan podologique peuvent compléter le dossier.

RQTH : mode d’emploi pour ces trois pathologies

Constitution du dossier

Pour ces trois affections, la démarche RQTH suit le même processus. Le travailleur doit retirer un dossier auprès de sa MDPH ou le télécharger en ligne. Les pièces à fournir incluent :

  • Le formulaire cerfa 15692 complété
  • Un certificat médical de moins de 6 mois (cerfa 15695)
  • Une copie de la carte d’identité
  • Un justificatif de domicile
  • Tout document médical pertinent (comptes-rendus, imagerie)

Le certificat médical constitue la pièce centrale. Il doit décrire précisément les limitations fonctionnelles et leur impact sur le travail, sans se limiter au diagnostic.





Évaluation et attribution

Une équipe pluridisciplinaire de la MDPH évalue le dossier en se basant sur le Guide-barème pour l’évaluation des déficiences et incapacités. L’attribution de la RQTH ne dépend pas uniquement du diagnostic mais de l’impact réel sur l’emploi.

Le délai d’instruction varie selon les départements, généralement entre 3 et 6 mois. La RQTH est attribuée pour une durée déterminée, renouvelable. Pour les pathologies évolutives comme la BPCO, une reconnaissance définitive peut être accordée.

Bénéfices concrets de la RQTH

Au-delà des aménagements de poste, la RQTH ouvre des droits spécifiques :

  • Accès à des dispositifs d’emploi accompagné
  • Possibilité de bénéficier du télétravail prioritaire
  • Attribution de l’allocation adulte handicapé (AAH) sous conditions de ressources
  • Accès facilité à la fonction publique par concours aménagé
  • Maintien dans l’emploi via des formations adaptées

La RQTH reste confidentielle. L’employeur ne peut en avoir connaissance que si le salarié choisit de la communiquer pour bénéficier d’aménagements.

Accompagnement et ressources disponibles

Les personnes atteintes de BPCO, capsulite rétractile ou pied plat ne sont pas seules face à leur parcours. Plusieurs structures proposent un accompagnement :

  • Cap emploi : accompagnement personnalisé dans l’emploi pour les bénéficiaires de la RQTH
  • Médecine du travail : étude du poste et préconisations d’aménagements
  • Agefiph : financement des aides techniques et formations
  • Associations de patients : soutien, information et partage d’expériences

Pour la BPCO, des programmes d’éducation thérapeutique aident à mieux gérer la maladie au quotidien. Des associations comme la FFAAIR (Fédération française des associations et amicales de malades, insuffisants ou handicapés respiratoires) proposent information et soutien.





La reconnaissance du handicap lié à ces pathologies permet de concilier santé et vie professionnelle. Elle facilite le maintien dans l’emploi et prévient l’exclusion du marché du travail. Solliciter une RQTH n’est pas un aveu de faiblesse mais une démarche pragmatique pour adapter son environnement professionnel à ses capacités réelles.

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