L’emploi des personnes en situation de handicap : bilan 2024-2025 et perspectives pour les entreprises
Le tableau de bord 2025 de l’Agefiph, rendu public en mai 2026, met en lumière une dynamique complexe concernant l’emploi des personnes en situation de handicap en France. Si des améliorations significatives sont observées sur certains indicateurs, des défis concrets persistent pour les employeurs et les demandeurs d’emploi.
Des avancées concrètes sur l’emploi en 2024 et 2025
Les indicateurs les plus récents attestent d’une évolution positive. En 2024, 1,352 million de personnes en situation de handicap étaient en emploi en France. Le taux d’emploi au sein des entreprises soumises à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés (OETH) a atteint 5,1 %. Cette donnée représente une augmentation par rapport aux 4 % observés quelques années auparavant dans le secteur privé. Toutefois, cette progression positionne encore le taux en deçà de l’objectif légal fixé à 6 %.
La dynamique est également favorable pour l’apprentissage. L’année 2025 a enregistré la signature de 18 809 contrats d’apprentissage pour des personnes en situation de handicap, marquant une hausse de 18 % en douze mois. Du côté du chômage, le taux pour les demandeurs d’emploi handicapés s’est stabilisé à 12 %. L’écart avec le taux de chômage de la population générale s’est réduit, passant du double à six points.
Cependant, l’accès à l’emploi demeure un parcours exigeant pour beaucoup. Seulement 32 % des personnes en situation de handicap au chômage retrouvent un poste dans les six mois suivant leur inscription, comparativement à 53 % pour l’ensemble de la population.
Les freins persistants pour les employeurs
Malgré les besoins en recrutement souvent exprimés, de nombreuses entreprises rencontrent des difficultés à intégrer des collaborateurs en situation de handicap. Ce paradoxe met en lumière un manque de préparation et de compréhension. Les employeurs sont fréquemment démunis face à la diversité des situations, qu’il s’agisse de handicaps psychiques, de troubles cognitifs, de maladies chroniques ou de handicaps invisibles.
Plusieurs facteurs expliquent ces blocages : une appréhension des coûts liés aux aménagements de poste, une connaissance insuffisante de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), la complexité d’aborder certains types de handicaps, ou encore l’absence d’une stratégie d’inclusion claire et structurée. Les managers expriment un besoin concret en repères et outils pour élaborer des plans d’action handicap efficaces, au-delà des actions de sensibilisation ponctuelles.
L’Agefiph adapte son offre et renforce l’accompagnement
Face à ce constat, l’Agefiph a orienté sa transformation en 2025 pour proposer des solutions plus accessibles et utiles. Caroline Dekerle, directrice générale de l’Agefiph, a souligné cette réalité :
Les chiffres montrent que la situation des personnes en situation de handicap dans l’emploi progresse, mais il ne peut pas y avoir de triomphalisme : le chômage reste trop élevé et l’accès à l’emploi demeure difficile.
Cette approche vise à dépasser une logique purement administrative pour offrir un soutien plus direct et concret aux entreprises et aux salariés concernés.
En 2025, l’Agefiph a accompagné 2 455 nouvelles entreprises, parmi lesquelles 1 042 se sont engagées dans un plan d’action handicap structuré. Un effort significatif a été déployé pour la formation des référents handicap, avec plus de 11 400 professionnels outillés. L’efficacité de ces référents, un rôle désormais central au sein des organisations, dépend de la mise à disposition de moyens, d’outils adéquats et d’une réelle capacité d’impulsion.
Malgré ces efforts soutenus et des avancées mesurables, la progression de l’inclusion professionnelle des personnes en situation de handicap reste graduelle. Elle nécessite une implication continue et des approches pragmatiques pour transformer durablement le marché de l’emploi et atteindre l’objectif légal de 6%.











