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PER et handicap : ce qu’il faut savoir sur le déblocage anticipé en cas d’invalidité

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Le Plan d’épargne retraite (PER) traîne une réputation de « placement tunnel », verrouillé jusqu’à la retraite. Cette réputation est en grande partie fausse : la loi Pacte du 22 mai 2019 prévoit six situations, dont l’invalidité, qui permettent de récupérer son épargne bien avant l’âge de la retraite. Pour une personne en situation de handicap, pour un proche aidant, ou pour toute personne susceptible de voir sa situation de santé évoluer, connaître précisément ces règles change la façon d’aborder ce placement — que l’on envisage d’en ouvrir un, ou que l’on cherche à comprendre ce que devient une épargne déjà constituée si l’invalidité survient.

Comment ouvrir un PER, et à quoi sert-il concrètement

Le PER individuel se souscrit auprès d’une banque, d’un assureur ou d’un gestionnaire d’actifs, sous forme de compte-titres ou de contrat d’assurance. Son fonctionnement repose sur un principe simple : les sommes versées volontairement peuvent être déduites du revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus professionnels de l’année (avec un plancher fixé à 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 4 710 € pour un versement effectué en 2026), en échange d’un blocage de l’épargne jusqu’à la retraite.

C’est cette contrepartie — l’argent immobilisé pendant potentiellement plusieurs décennies — qui explique la réticence de nombreux épargnants, et qui rend d’autant plus utile de connaître les exceptions prévues par la loi. La recherche du meilleur PER passera par un comparatif, permettant de visualiser rapidement les écarts entre les offres du marché avant de s’engager.





Avant de choisir un contrat, la comparaison reste une étape à ne pas négliger : les frais de gestion, la qualité des supports d’investissement proposés et les options de sortie varient sensiblement d’un établissement à l’autre.

Le cas spécifique du handicap : le déblocage anticipé pour invalidité

C’est le point le plus directement utile pour nos lecteurs. Parmi les six cas de déblocage anticipé prévus par le Code monétaire et financier (article L224-4), cinq relèvent de ce que la loi appelle des « accidents de la vie » : le décès du conjoint ou du partenaire de Pacs, l’expiration des droits au chômage, le surendettement, la liquidation judiciaire pour un indépendant — et l’invalidité.

Cette invalidité doit être reconnue par la Sécurité sociale au sens des 2e ou 3e catégories définies par le code de la sécurité sociale : autrement dit, une invalidité qui rend absolument incapable d’exercer une profession quelconque (2e catégorie), éventuellement avec nécessité de l’assistance d’une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie (3e catégorie).

L’invalidité de 1ère catégorie, qui n’empêche pas une activité professionnelle, n’ouvre en revanche pas droit à ce déblocage. Le motif peut concerner le titulaire du PER lui-même, mais aussi son conjoint, son partenaire de Pacs, ou ses enfants — un point souvent méconnu, qui élargit sensiblement le champ des situations couvertes. Un certificat médical et une attestation de non-activité professionnelle sont généralement demandés par le gestionnaire du plan pour instruire la demande. Une évolution plus récente mérite d’être signalée : plusieurs gestionnaires font état, depuis le 14 juin 2026, d’un motif complémentaire couvrant l’affection grave, le handicap ou la survenue d’un accident d’une particulière gravité chez un enfant à charge — un point qu’il reste prudent de faire confirmer directement auprès de son établissement, les pratiques pouvant encore varier d’un gestionnaire à l’autre.





Sur le plan fiscal, ce cas de déblocage est traité avec beaucoup plus de clémence qu’une sortie ordinaire : le capital est totalement exonéré d’impôt sur le revenu, y compris la part correspondant aux versements précédemment déduits. Seule la part des gains générés par l’épargne reste soumise aux prélèvements sociaux, au taux de 18,6 % depuis la hausse intervenue au 1er janvier 2026. C’est une différence de traitement importante par rapport à une sortie classique à l’âge de la retraite, où les versements déduits sont réintégrés au barème de l’impôt sur le revenu.

Un avantage fiscal à nuancer selon votre situation

C’est un point sur lequel il faut rester lucide, et qu’un simple comparatif de frais ne montre pas toujours : l’intérêt principal du PER — la déduction des versements du revenu imposable — n’a de valeur réelle que proportionnellement à votre taux d’imposition. Pour une personne dont les ressources reposent principalement sur l’Allocation aux adultes handicapés (AAH), souvent peu ou pas soumise à l’impôt sur le revenu, cet avantage fiscal est en pratique très limité, voire nul : déduire des versements d’un revenu qui n’est déjà pas ou peu imposé n’apporte aucun bénéfice concret. Le PER prend en revanche tout son sens pour un proche aidant en activité professionnelle, dont le revenu imposable et le taux marginal d’imposition rendent la déduction réellement avantageuse. La question à se poser avant d’ouvrir un PER n’est donc pas seulement « quel est le meilleur PER du marché », mais d’abord « suis-je dans une situation fiscale où cet avantage a un sens ». Notre article sur l’épargne et les placements compatibles avec l’AAH détaille les alternatives plus adaptées aux revenus faiblement ou non imposés.





Comparer avant de s’engager

Une fois cette question de pertinence tranchée, la comparaison entre contrats reste une étape utile, tant les écarts de frais de gestion et de qualité de gestion financière peuvent, sur plusieurs décennies, avoir un impact significatif sur le capital final. Selon l’analyse de Café du Patrimoine, les écarts de frais annuels entre contrats figurent parmi les critères qui pèsent le plus lourd dans la performance nette d’un PER sur le long terme — une bonne raison de comparer plusieurs offres avant de signer, plutôt que de retenir la première proposition venue.

Ce que vous devez retenir

Le PER n’est pas le placement figé que sa réputation suggère : la loi prévoit une sortie possible en cas d’invalidité, avec une fiscalité nettement plus favorable qu’une sortie classique. Mais cet outil reste avant tout pensé pour des revenus imposables significatifs — sa pertinence doit donc s’apprécier au cas par cas, en particulier pour les bénéficiaires de l’AAH, avant de s’engager sur un placement dont l’intérêt fiscal dépend directement de votre situation d’imposition.

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