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Séparation, protection d’un proche : ce que le droit de la famille prévoit quand le handicap s’invite

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Quand un enfant ou un adulte de la famille vit avec un handicap, les questions de droit de la famille se posent différemment : une séparation parentale doit composer avec des besoins de soins et de scolarité qui ne s’arrêtent pas au calendrier de garde habituel, et la perte d’autonomie d’un proche appelle des réponses juridiques graduées, pas un régime unique.

Voici ce que prévoit concrètement le Code civil sur ces deux situations, ainsi que sur la place des grands-parents et de l’entourage.

Cet article est proposé avec le cabinet Kohen Avocats. Il présente le cadre légal général et ne remplace pas une consultation individuelle : chaque situation familiale appelle une analyse propre à ses circonstances.

Parents séparés d’un enfant en situation de handicap

La séparation des parents ne modifie pas, en elle-même, l’exercice de l’autorité parentale : sauf décision contraire du juge, elle reste exercée en commun par les deux parents, comme le prévoit l’article 372 du Code civil. Cela signifie concrètement que les décisions importantes concernant l’enfant — orientation scolaire, choix médicaux, démarches auprès de la MDPH — continuent, en principe, de relever des deux parents conjointement, quelle que soit l’organisation retenue pour sa résidence.

Cette résidence peut être fixée en alternance chez chacun des parents, ou de façon principale chez l’un d’eux. En cas de désaccord entre les parents, c’est le juge aux affaires familiales qui tranche. L’article 373-2-9 du Code civil lui donne également la possibilité d’organiser le droit de visite dans un espace de rencontre neutre, lorsque l’intérêt de l’enfant le commande — une option qui peut s’avérer pertinente lorsque les échanges directs entre parents sont source de tension ou d’instabilité pour un enfant dont les besoins de repères sont particulièrement sensibles.





Dans les situations où l’enfant vit avec un handicap, les besoins particuliers liés aux soins, à l’équipement spécifique ou à une scolarité adaptée ne restent pas en marge de ces décisions : ils pèsent directement sur la façon dont le juge apprécie l’organisation de la résidence la plus adaptée, ainsi que sur le calcul de la contribution à l’entretien et à l’éducation de l’enfant due par chacun des parents. Un parent qui assume, par exemple, l’essentiel des trajets vers des soins spécialisés ou des rendez-vous médicaux réguliers peut voir cet élément pris en compte dans l’appréciation globale de la situation.

Sources : article 372 du Code civil ; article 373-2-9 du Code civil.

Protéger un proche qui ne peut plus décider seul

Lorsqu’un proche — du fait de l’âge, d’une maladie ou d’un handicap — n’est plus en mesure de pourvoir seul à ses intérêts, le droit français prévoit non pas une seule réponse, mais trois mesures graduées, chacune correspondant à un degré différent de besoin d’accompagnement.

La première, l’habilitation familiale, permet au juge des tutelles d’habiliter un proche — ascendant, descendant, frère ou sœur, conjoint ou partenaire — à agir au nom de la personne, sans organiser pour autant un contrôle judiciaire continu de cette représentation. Elle est encadrée par l’article 494-1 du Code civil et suppose l’accord, ou au moins l’absence d’opposition, des autres membres de la famille concernés.





La curatelle, définie à l’article 440 du Code civil, correspond à un degré d’accompagnement intermédiaire : la personne protégée conserve la capacité d’agir seule pour les actes de la vie courante, mais doit être assistée pour les actes les plus importants, notamment ceux qui engagent son patrimoine.

La tutelle, enfin, prévue à l’article 425 du même code, est la mesure la plus protectrice : elle organise une représentation de la personne dans les actes de la vie civile, et reste réservée aux situations où l’altération des facultés personnelles, médicalement constatée, l’exige véritablement. Dans les trois cas, la mesure est prononcée par le juge et peut être révisée si la situation de la personne évolue.

Sources : article 494-1 du Code civil (habilitation familiale) ; article 440 du Code civil (curatelle) ; article 425 du Code civil (tutelle).

Les grands-parents et l’entourage

Le droit de la famille ne limite pas les relations d’un enfant à ses seuls parents. L’article 371-4 du Code civil pose le principe que l’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants — au premier rang desquels ses grands-parents — et que seul l’intérêt de l’enfant peut faire obstacle à l’exercice de ce droit. En cas de désaccord, notamment lorsque l’un des parents s’oppose à ces relations, c’est le juge aux affaires familiales qui fixe les modalités de ces échanges, en tenant compte de la situation propre à chaque famille.





Pour une famille concernée par le handicap, ce cadre a une portée concrète : les grands-parents ou d’autres membres de l’entourage proche jouent souvent un rôle de soutien important, que ce soit dans l’accompagnement quotidien ou dans le répit apporté aux parents. Le droit reconnaît cette place, sans pour autant l’imposer de façon automatique — c’est toujours l’intérêt de l’enfant qui reste le critère déterminant.

Source : article 371-4 du Code civil.

À qui s’adresser

Lorsque les parents ne parviennent pas à s’accorder sur la résidence de l’enfant ou sur la contribution à son entretien, ou lorsqu’une mesure de protection — habilitation familiale, curatelle ou tutelle — doit être demandée ou contestée devant le juge, l’accompagnement d’un professionnel du droit prend tout son sens : un avocat spécialiste du droit de la famille à Paris prépare la requête, réunit les certificats médicaux et pièces exigés par la procédure, et représente la famille devant le juge aux affaires familiales ou le juge des tutelles.

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