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Les erreurs à éviter avec une personne autiste : précautions et conseils

une maman et son enfant autiste se font un câlin - erreurs à éviter autiste

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L’autisme est un trouble du neurodéveloppement qui touche profondément la manière dont une personne perçoit et interagit avec son environnement. Chaque individu autiste présente un ensemble unique de caractéristiques, de comportements et de besoins. Bien que la diversité des personnes autistes soit grande, certaines erreurs courantes dans les interactions peuvent nuire à leur bien-être et à la qualité des échanges. Ci-dessous, nous vous conseillons sur les erreurs à éviter pour créer un environnement respectueux et adapté à la personne autiste.

Ne pas imposer le contact physique

Le toucher est parfois une source de stress considérable pour certaines personnes autistes, en raison de leur hypersensibilité sensorielle. Ce qui est perçu comme un geste amical ou bienveillant pour la majorité, comme une poignée de main, une accolade ou une tape sur l’épaule, peut devenir extrêmement inconfortable, voire douloureux, pour ces personnes. En effet, ce type de contact physique peut entraîner une réaction émotionnelle négative, telle que de l’anxiété ou de l’irritation.

Bien entendu, cette hypersensibilité au toucher varie d’une personne à l’autre. Mais dans tous les cas, il est important de ne pas présumer que tout le monde apprécie ou accepte ce genre d’interaction.

Imposer le contact physique peut aussi entraîner un sentiment de perte de contrôle ou d’intrusion. Cela serait très déstabilisant pour la personne autiste. Elle pourrait alors se sentir incomprise ou même exposée à un stress supplémentaire.





C’est pourquoi il est important de reconnaître que le contact physique n’est pas un geste neutre. Il doit donc toujours être abordé avec prudence et respect.

Que faire ?

  • Respecter l’espace personnel et ne jamais imposer de contact physique.
  • Observer la réaction de la personne avant tout geste tactile.
  • Demander explicitement si un contact est acceptable, surtout lors des premières rencontres.
  • Proposer des alternatives, comme un signe de la main ou un simple sourire, pour manifester votre bienveillance sans intrusion physique.
  • Être attentif aux signaux non verbaux de la personne, comme un retrait ou un inconfort.
  • Ne pas prendre un refus personnellement, c’est une préférence individuelle.

Éviter les bruits forts et les environnements surstimulants

Les personnes autistes sont souvent plus sensibles aux stimuli sensoriels que les autres. Les bruits soudains, la musique forte, les néons clignotants ou les conversations animées peuvent être particulièrement perturbants.

Ces stimuli peuvent créer un stress intense et affecter la capacité de la personne à se concentrer ou à interagir. Dans certains cas, cela provoque une surcharge sensorielle, une sensation de débordement qui entraîne de l’anxiété, voire une réaction de retrait.

Les environnements trop stimulants, comme les centres commerciaux ou les grandes foules, deviennent parfois des sources d’inconfort profond. Certaines personnes autistes auront du mal à gérer ces situations et se retrouveront dans un état de stress extrême. De plus, un tel environnement rend difficile la communication et la participation à des activités quotidiennes. Forcer quelqu’un à rester dans un lieu bruyant ou surstimulant nuit à son bien-être et à sa capacité à interagir normalement.





Que faire ?

  • Privilégier des espaces calmes et peu bruyants pour les échanges.
  • Éviter les lumières trop vives et les sons agressifs.
  • Prévenir à l’avance si une situation bruyante est inévitable.
  • Proposer des solutions comme des casques antibruit ou des pauses dans un lieu apaisant.
  • Permettre à la personne de prendre des pauses régulières si elle se sent submergée par les stimuli.
  • Être attentif aux signes de stress ou d’inconfort, comme l’agitation ou l’évitement de certaines situations.
  • Utiliser des outils visuels ou des applications pour aider à gérer les transitions vers des environnements plus stimulants (pictogrammes informatifs, application de relaxation…).

Ne pas interpréter à tort le manque de contact visuel

Le contact visuel est souvent considéré comme un signe de respect et d’attention dans les interactions sociales. Cependant, pour certaines personnes autistes, fixer le regard peut être une expérience inconfortable, voire perturbante. Ce geste, qui semble naturel pour beaucoup, peut provoquer de l’anxiété ou même de la douleur.

Contrairement à l’idée générale que l’absence de contact visuel indique un manque d’intérêt ou d’impolitesse, chez une personne autiste, cela ne reflète aucune intention négative. Il s’agit souvent d’une réaction à la difficulté de gérer cette forme de communication.

Insister pour qu’une personne autiste maintienne un contact visuel causera un stress inutile et nuira à la fluidité de la conversation. Cela peut également détourner son attention de l’échange verbal, rendant la communication encore plus compliquée. Il est donc important de ne pas interpréter l’absence de contact visuel comme un signe de désintérêt ou de négligence. Mais plutôt comme une caractéristique de la manière dont certaines personnes autistes vivent leurs interactions.





Que faire ?

  • Accepter que le contact visuel ne soit pas systématique.
  • Se concentrer sur les autres signes de communication, comme l’intonation ou le langage corporel.
  • Permettre à la personne de détourner le regard sans supposer un manque d’attention.
  • Adapter la conversation en fonction du niveau de confort de l’interlocuteur.

Ne pas imposer un rythme ou des changements brusques

Les personnes autistes s’appuient souvent sur des routines et des habitudes pour structurer leur journée et se sentir en sécurité. Ces repères sont indispensables pour leur bien-être, car ils offrent un cadre stable et prévisible.

Un changement soudain, même mineur, peut être perçu comme une perturbation de cet équilibre. Cela engendre parfois un stress intense, de l’anxiété, et quelquefois même une détresse profonde. Les personnes autistes se retrouvent alors déboussolées et ont du mal à s’adapter à la nouvelle situation.

Modifier brusquement un emploi du temps, imposer un environnement inconnu sans préparation ou exiger une réaction immédiate face à un événement imprévu sera extrêmement déstabilisant. Ces changements rapides risquent d’engendrer des comportements de résistance, de retrait ou d’isolement, car la personne cherche à retrouver un peu de contrôle dans un contexte devenu imprévisible.

Il est donc important de reconnaître l’impact que peuvent avoir ces changements sur une personne autiste. Il faut aussi faire preuve de compréhension et de patience pour l’aider à naviguer dans ces situations.





Que faire ?

  • Annoncer les changements à l’avance et expliquer en quoi ils consistent.
  • Introduire les modifications progressivement, si possible par étapes.
  • Utiliser des supports visuels ou des explications claires pour préparer la transition.
  • Laisser du temps pour s’adapter et respecter le rythme de la personne.
  • Proposer des stratégies de gestion du changement, comme des prévisions visuelles ou des horaires (calendrier visuel…)
  • Donner des repères clairs sur ce qui ne change pas pour rassurer la personne.
  • Permettre des pauses et des moments de répit pour gérer le stress des changements.
  • Favoriser une communication ouverte pour permettre à la personne de partager ses besoins face aux transitions.

Ne pas utiliser un langage trop abstrait

Les personnes autistes ont souvent une compréhension plus littérale du langage. Cela signifie qu’elles interprètent les mots au sens strict, sans saisir les nuances ou les sous-entendus. Cela rend parfois certaines expressions particulièrement difficiles à comprendre, comme les métaphores, l’ironie ou le second degré.

Par exemple, une phrase comme « Il pleut des cordes » peut être prise au sens littéral et non comme une manière figurée de dire qu’il pleut beaucoup. De même, l’ironie ou les sous-entendus peuvent passer inaperçus. Cela crée des malentendus et nuit à la fluidité de la conversation.

Il est donc important d’éviter l’utilisation de langage abstrait, de métaphores ou de sarcasmes, car ces formes de communication risquent de semer la confusion. Privilégier des phrases simples, claires et directes permettra d’éviter tout malentendu.





Lorsque des expressions imagées sont utilisées, il peut être utile de les expliquer pour que la personne comprenne correctement le message. En outre, il est important de vérifier que l’échange a été bien compris, sans mettre l’autre mal à l’aise, afin de favoriser une communication ouverte et respectueuse.

Que faire ?

  • Privilégier un langage clair, précis et direct.
  • Expliquer les expressions imagées si elles sont utilisées.
  • Vérifier que la personne a bien compris le message sans la mettre mal à l’aise.
  • Adapter la communication en fonction du niveau de compréhension de l’interlocuteur.

Ne pas forcer la communication

Chaque personne autiste a une manière unique de communiquer. Certaines sont non verbales, préférant utiliser des gestes, des pictogrammes, des applications ou d’autres moyens alternatifs pour s’exprimer. D’autres sont verbales mais éprouvent des difficultés à verbaliser leurs émotions ou à maintenir une conversation fluide.

Forcer une personne à s’exprimer, ou exiger une réponse immédiate, génère une pression inutile et un stress considérable, perturbant forcément l’échange.

Il est indispensable de respecter le rythme de la personne et de lui offrir un environnement sécurisé où elle se sent libre de communiquer à son propre rythme. Certaines personnes préfèrent éviter les interactions verbales directes et se sentent plus à l’aise avec des supports visuels ou écrits.

Il est également important de ne pas interpréter un silence comme un manque d’intérêt ou un refus. Au contraire, il peut simplement s’agir d’un moyen pour la personne de traiter les informations à son propre rythme.

Que faire ?

  • Laisser la personne s’exprimer à son rythme, sans la brusquer.
  • Utiliser des modes de communication adaptés, comme l’écrit ou les pictogrammes si besoin.
  • Éviter d’interpréter un silence comme un refus ou un manque d’intérêt.
  • Proposer des alternatives pour faciliter l’échange, comme des questions fermées ou des choix simples.

Éviter les jugements et les remarques inappropriées

Les personnes autistes sont souvent confrontées à des stéréotypes et des jugements erronés qui renforcent les préjugés à leur égard. Des remarques comme « Tu n’as pas l’air autiste » ou « Tout le monde est un peu autiste » sont non seulement inexactes, mais aussi nuisibles.

Ces phrases minimisent les difficultés auxquelles font face les personnes autistes. Elles véhiculent une vision réductrice et erronée de l’autisme, en le présentant comme une simple différence de caractère plutôt qu’un trouble du neurodéveloppement avec des impacts concrets sur le quotidien.

Il faut absolument prendre conscience que l’autisme n’est pas un « caractère un peu étrange » ou un « trait de personnalité » que l’on peut facilement relativiser. Cela n’aide pas à développer une véritable compréhension de ce qu’est l’autisme, ni à soutenir les personnes qui en sont concernées de manière adéquate.

Que faire ?

  • S’informer sur l’autisme à partir de sources fiables, comme Autisme France ou Autisme Info Service
  • Éviter de comparer l’autisme à des traits de personnalité.
  • Écouter et respecter l’expérience des personnes autistes sans remettre en question leur vécu.
  • Poser des questions avec bienveillance et ouverture d’esprit pour mieux comprendre leur réalité.

> Les différents types d’autisme : de quoi parle-t-on vraiment ?

Ne pas supposer qu’une personne autiste est incapable

L’autisme ne signifie pas une incapacité à accomplir des tâches ou à développer des compétences. En réalité, de nombreuses personnes autistes possèdent des talents particuliers dans des domaines spécifiques, comme les mathématiques, l’art, la musique ou la mémoire visuelle. Certaines sont capables de se concentrer sur des sujets de manière extrêmement détaillée, tout en développant une expertise pointue.

Il est important de comprendre que les personnes autistes ne doivent pas être jugées uniquement sur leurs difficultés sociales ou leur mode de communication.

En sous-estimant leurs capacités, on risque de passer à côté de leurs talents uniques et de limiter leurs opportunités de développement personnel et professionnel.

Au contraire, il faut leur accorder les mêmes chances et respect que l’on offrirait à toute autre personne.

Que faire ?

  • Ne pas présumer des capacités d’une personne en se basant uniquement sur son diagnostic d’autisme.
  • Valoriser les talents et compétences de la personne, même s’ils sont différents des normes sociales ou professionnelles.
  • Adopter une approche positive qui met en avant les forces et les aptitudes spécifiques de la personne autiste.
  • Offrir des opportunités d’apprentissage et d’épanouissement adaptées à leurs intérêts et compétences.
  • Eviter les jugements hâtifs ou les stéréotypes liés à l’autisme et adopter une vision nuancée et ouverte des compétences d’un individu.

En respectant les besoins et les sensibilités des personnes autistes, il est possible d’éviter des malentendus et de créer des relations plus sereines et respectueuses. Chaque interaction est une occasion d’apprendre et de s’adapter, afin de favoriser un environnement inclusif et bienveillant.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur l’autisme, nous vous conseillons 8 livres incontournables sur l’autisme pour les parents et les éducateurs.

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